Face au ralentissement du bâtiment et à la flambée des prix du carburant, la filière des carrières et matériaux de construction voit ses coûts de production repartir à la hausse, une situation qui inquiète l’UNICEM.
Déjà confrontées à un ralentissement marqué de l’activité dans le secteur de la construction, les entreprises des carrières et des matériaux doivent désormais absorber une nouvelle augmentation de leurs coûts de production, consécutive à la flambée des prix des carburants, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Dans ce contexte, l’UNICEM (Union Nationale des Industries de Carrières et Matériaux de Construction) met en garde contre les effets de cette pression supplémentaire sur l’équilibre économique de la filière et, à terme, sur la continuité de l’approvisionnement des chantiers.
Carburant en forte hausse : les producteurs de matériaux sous pression
La production de granulats, de béton prêt à l’emploi ou encore de roches ornementales repose en grande partie sur des engins comme des équipements industriels fonctionnant au gazole. Dans ce contexte, la hausse rapide du prix du carburant se traduit immédiatement par une augmentation des coûts d’exploitation pour les entreprises de la filière. "Le gazole constitue une énergie essentielle au fonctionnement de nos carrières et de nos sites de production. Lorsque son prix augmente fortement, c’est l’ensemble de l’équilibre économique de nos entreprises qui est directement affecté", explique Alain Plantier, le président de l’UNICEM.
À ces surcoûts s’ajoute la progression du prix du carburant nécessaire au transport des matériaux vers les chantiers, ce qui alourdit encore la facture finale pour l’ensemble de la chaîne de construction.
Une pression croissante sur l’équilibre économique de la filière
Cette nouvelle hausse intervient dans un contexte déjà dégradé, marqué par un net ralentissement de l’activité dans le secteur de la construction. Selon l’UNICEM, les entreprises font désormais face à un véritable effet ciseaux : une baisse des volumes d’un côté, et une hausse soutenue des charges de l’autre.
"Nos entreprises subissent un triple impact : le recul de la construction, l’augmentation des coûts énergétiques et une pression réglementaire accrue. Cet effet ciseaux fragilise durablement l’équilibre économique de nombreuses structures", alerte Alain Plantier, ici en photo. © UNICEM
Dans un environnement où les marges sont déjà contraintes, ces hausses de coûts restent souvent difficiles à répercuter, en particulier dans les marchés publics ou les contrats conclus en amont, accentuant ainsi la tension financière au sein de la filière.
Carburant en hausse ; un enjeur majeur pour les chantiers et l'aménagement des territoires
Les matériaux minéraux constituent un socle indispensable à un large spectre de projets :
– construction de logements ;
– Réalisation d’infrastructures de transport ;
– Déploiement des réseaux d’eau et d’énergie ;
– Ouvrages de protection contre les risques naturels ou encore opérations liées à la transition énergétique.
La disponibilité des matériaux de construction conditionne directement la dynamique d’aménagement des territoires. "Les matériaux de construction sont essentiels aux projets territoriaux. Fragiliser les entreprises qui les produisent revient à fragiliser l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur", souligne Alain Plantier. © Freepik
Dans ce contexte, l’UNICEM appelle les pouvoirs publics à engager des mesures concrètes pour mieux encadrer l’évolution des coûts énergétiques et en limiter les effets sur la filière. Face à la flambée du carburant, les entreprises plaident pour un retour à des niveaux de prix du gazole plus stables et compatibles avec leurs contraintes opérationnelles. Elles demandent également la mise en place de mécanismes efficaces de révision des prix dans les marchés publics afin d’intégrer les fluctuations des coûts de l’énergie, ainsi qu’un accompagnement renforcé pour accélérer la transition énergétique du secteur.
Dans un environnement marqué par de fortes tensions sur les charges, l’enjeu demeure clair : permettre à ces industries stratégiques de poursuivre leur mission d’approvisionnement des chantiers dans des conditions économiquement viables.
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