Préfabrication béton : après le recul de 2025, un frémissement attendu en 2026

En recul de 3 % en 2025, l’Industrie de la Préfabrication Béton pourrait renouer avec une légère croissance en 2026, portée par le logement.

L’année 2025 confirme les tensions qui traversent l’écosystème de la construction. Selon l’enquête mensuelle FIB / Xerfi Specific, l’industrie de la Préfabrication Béton enregistre un recul d’environ 3 % en volume à l’échelle nationale, tous produits confondus, par rapport à 2024.

La Fédération française des Industriels de la Préfabrication Béton (FIB) assure la promotion des solutions préfabriquées en béton et représente la filière auprès des pouvoirs publics, des collectivités territoriales et de l’ensemble des acteurs de l’environnement professionnel. Elle fédère exclusivement des entreprises françaises, constituant un maillage industriel dense sur tout le territoire. Ce tissu d’implantations locales contribue directement à la création de valeur et d’emplois non délocalisables.

En France, l’industrie de la préfabrication béton regroupe 420 entreprises réparties sur 655 sites de production. Elle génère un chiffre d’affaires départ usine de 2,92 milliards d’euros hors taxes et hors transport, dont 58,6 % à destination du bâtiment et 41,4 % pour les travaux publics et le génie civil. La production annuelle atteint 17,5 millions de tonnes de produits en béton. La filière représente 18 500 emplois directs et constitue le premier employeur des industries de la branche carrières et matériaux de construction. 

 

 

 

2025 : recul global de 3 % dans un environnement toujours dégradé

Dans le détail, la situation demeure nettement plus dégradée pour les produits à destination du bâtiment (- 6,3 %) que pour ceux orientés vers les travaux publics, qui affichent une progression globale de + 2,2 %.

 

 

Côté bâtiment

Sur le segment bâtiment, la contraction est quasi généralisée :

– les entrevous reculent de - 7,1 % ;

– Les blocs de - 6,8 % ;

 – Les poutrelles de - 1,8 % ;

 – Les prédalles de - 2,9 %.

 

Seules les dalles de planchers béton parviennent à maintenir une dynamique légèrement positive (+ 1,1 %), dans un marché résidentiel pourtant fortement contraint.

 

 

Côté travaux publics

Côté travaux publics, la photographie est plus contrastée. Si certains produits accusent un net repli – regards (- 8,4 %) et dalles de voirie (- 4,4 %) –, d’autres segments tirent leur épingle du jeu : les tuyaux armés progressent de + 3,6 %, les bordures de + 6,6 % et les pavés de + 6,1 %. Une résilience qui tient à la nature plus cyclique et territorialisée des investissements publics.

 

En résumé, 2025 s’inscrit comme une année de contraction maîtrisée, mais confirme l’atterrissage brutal du cycle de croissance post-crise sanitaire. Ici, le chantier du démonstrateur résidence Olympi à Chartres. © FIB

 

 

2026 : une stabilisation attendue, portée par le logement

Pour 2026, la Commission Économie de la FIB table sur une évolution globale comprise entre 0 % et + 3 % en volume, France entière et tous produits confondus. Après trois exercices consécutifs de baisse, la filière pourrait ainsi renouer avec une légère dynamique positive. Le scénario repose toutefois sur des hypothèses prudentes : une reprise progressive mais limitée dans le bâtiment, et un repli anticipé des travaux publics. Dans le détail, les produits destinés au bâtiment pourraient enregistrer une progression comprise entre + 3 % et + 5 %, sous réserve d’un redémarrage effectif des mises en chantier. Les produits orientés vers les travaux publics s’inscriraient en retrait, autour de - 3 %, dans un contexte budgétaire plus contraint pour les collectivités.

Ces projections, établies fin décembre 2025, précédaient l’annonce du plan "Relance Logement" présenté le 23 janvier par le Premier ministre, qui fixe un objectif ambitieux de 2 millions de logements d’ici 2030, soit 400 000 livraisons annuelles dès 2026. La FIB salue une initiative qui replace la production de logements au rang des priorités nationales et pourrait constituer un levier structurant pour l’ensemble de la filière.

En synthèse, si 2025 restera comme une année de repli dans un contexte de crise durable de la construction, 2026 pourrait marquer un point d’inflexion. Une amélioration mesurée, encore fragile, mais susceptible de redonner de la visibilité à l’Industrie de la Préfabrication Béton.



Source : batirama.com / Laure Pophillat / © FIB

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