Combiner performances et gain de place

Face à un mètre carré onéreux, les isolants les moins épais rencontrent un franc succès. Mais, il faut aussi être en conformité avec la Réglementation thermique dans l?existant.



 

 

La course au R(1) a commencé en rénovation. Pour satisfaire aux exigences de la Réglementation thermique dans l’existant(2), l’isolation des parois opaques doit afficher un coefficient R ≥ au niveau minimal réglementaire. Les particuliers vont viser au minimum celui ouvrant droit au crédit d’impôt : un R ≥ 2.8 pour les parois, ≥ 5  sous toiture et dans les combles, exceptés les toitures-terrasses où il est ≥ 3. Travaux d’amélioration doivent rimer avec gain de surface habitable.

 

Isolant mince ou épais

 

D’où le succès des isolants minces réflecteurs qui, selon le Sfirmm(3), « permettent, à efficacité thermique équivalente, la mise en place de dispositifs d’isolation trois à cinq fois plus minces que les isolants épais traditionnels. » Mais, pour le CSTB, ces produits ne sont que des compléments d’isolation : 2 cm d’épaisseur ce n’est pas l’équivalent de 20 cm. Sans éluder l’argument minceur qui offre un gain de surface habitable, le critère prioritaire sera le coefficient R exprimé en m².K/W qui figure sur l’emballage des produits marqués CE ou certifiés. Car, seules ces valeurs peuvent être utilisées pour respecter la réglementation.


Source : batirama.com / S.Lacaze Haertelmeyer

 

(1)R = Résistance thermique en m² K/W (2)Applicable depuis le 1er novembre 2007 (arrêté du 3 mai 2007) (3)Syndicat des fabricants d’isolants réflecteurs minces multicouches

 

  

  

 

PMR, isolants minces multicouches, isolants minces réfléchissants ou encore barrières thermique ou radiante, cette solution, sous différents vocables, permet en hiver, de conserver la chaleur émise à l’intérieur des pièces et, en été, de la renvoyer vers l’extérieur en évitant la surchauffe des combles.

 

Ces isolants minces multicouches sont composés d’un assemblage de films réflecteurs métallisés et de séparateurs associés : ouates, mousses, laines végétales ou animales, etc. Ces matériaux agissent simultanément sur tous les modes de déperditions thermiques (rayonnement, convection, conduction…) et sont efficaces pour limiter les échanges par rayonnement, qui constituent une part significative des déperditions thermiques dans les bâtiments, cependant, le groupe spécialisé 20 du CSTB rappelle que « les produits réfléchissants doivent, comme tous les produits du Bâtiment, être utilisés à bon escient. Posés seuls, leurs performances thermiques intrinsèques et totales sont souvent insuffisantes au regard des exigences thermiques actuelles, que ce soit en travaux neufs (RT 2005) ou en réhabilitation (Arrêté du 3 mai 2007) ». Ainsi, pour le CSTB, afin de « satisfaire les niveaux réglementaires, en neuf et dans l’existant, il convient d’utiliser ces produits en tant que compléments d’isolation du côté intérieur d’un bâtiment ». Afin d’éluder tous risques, il convient de se référer aux Avis techniques des produits qui en fixent les conditions de mise en œuvre. Quelques règles :

 

respecter une lame d’air de 20 mm au minium de part et d’autre de l’isolant : entre le support à isoler et l’isolant ; entre l’isolant et la finition ;

 

réserver un espace ventilé de 20 mm en couverture au minimum entre la face inférieure du liteau de support de couverture et l’isolant ;

 

tendre correctement l’isolant et l’agrafer en périphérie tous les 50 mm au minimum sur un support bois avec des agrafes galvanisées ou inox de 14 mm au minimum, 20 mm idéalement ;

 

effectuer aux jonctions un recouvrement des lés sur 50 à 100 m et agrafer le premier lé sur le deuxième tous les 50 mm minimum sur ces mêmes supports ;

 

recouvrir les jonctions avec un adhésif spécial et au mieux, fixer un tasseau pour parfaire l’étanchéité. En périphérie de l’isolation, réaliser un retour d’isolant de 50 mm minimum.  Si possible, bloquer l’isolant avec un tasseau.

 

A RETENIR :

 

Intérêts : particulièrement adapté en rénovation pour le gain sur la surface et le volume habitables tout en conservant les poutres apparentes grâce à une faible épaisseur (30 mm maximum).

Limites : nécessite une lame d’air, performance acoustiques au bruit aérien limitée pour certains isolants

 

Grâce à sa taille fine, cette solution de doublage pour isolation thermique avec mousse de polyuréthane offre la performance thermique sans utiliser d’importantes épaisseurs d’isolant.

 

Destinée à l’isolation des murs par l’intérieur en rénovation ou en construction neuve, cette solution est un complexe de doublage intérieur des murs composé d’une plaque de plâtre cartonnée et d’un panneau de mousse polyuréthane sans CFC, ni HCFC. En faible épaisseur – à partir 30 mm pour l’isolant, 40 mm au total – ce complexe affiche une résistance thermique de 1.80. Il supprime l’effet de paroi froide l’hiver, et retarde l’échauffement intérieur l’été. Protégé par un parement performant, l’isolant conserve de fait ses qualités thermiques et mécaniques. L’isolation des murs est réalisée conformément aux dispositions du DTU 25.42 et de l’Avis technique du fabricant. Elle est effectuée en doublage isolant collé par application de plots de mortier adhésif (cinq plots minimum au m²) ou par fixation mécanique indirecte selon l’état du support. Les panneaux sont ensuite mis en place sur le support destiné à les recevoir en réglant l’aplomb et la planéité de l’ensemble. La réalisation des joints entre panneaux sur l’ensemble de l’ouvrage s’effectue selon les recommandations du fabricant.

 

A RETENIR :

 

Intérêts : combine le doublage des murs et l’isolation en faible épaisseur, simple et rapide à mettre en œuvre, adapté aux constructions neuves comme aux rénovations.

Limites : solution plus onéreuse qu’un isolant classique.

 

Les isolants de demain

 

Panneaux isolants sous vides et/ou nanostructurés, ces nouvelles solutions devraient apporter une réponse efficace à la performance énergétique sans perte de surface habitable dans des conditions économiques favorables.

 

Les isolants classiques et les produits réfléchissants contiennent en général de l’air et pas conséquent leur conductivité thermique est toujours supérieure à 25 mW/m.K, donc leur résistance thermique est inférieure à 0.4 fois leur épaisseur en cm. En revanche, les panneaux isolants sous vide et/ou nanostructurés, qui relèvent encore pour l’instant du domaine de la recherche n’ont pas cette contrainte, qui résulte de l’air immobile contenu dans les produits. Ils permettront probablement, à même épaisseur, d’atteindre une performance jusqu’à trois fois meilleure que celle d’un isolant traditionnel (à pouvoir d’isolation équivalent, il faut, par exemple, 1 cm de PIV contre 6 cm de polystyrène ou 9 cm de laine minérale).

 

Pour comprendre ces nouveaux matériaux, il faut revenir sur le principe d’un isolant. L’air possède une excellente résistance thermique cas ses molécules sont distantes et peu nombreuses, mais comme elles sont mobiles, l’air n’est plus isolant.

 

Pour réduire la conductivité thermique d’un isolant, il faut donc agir sur le gaz pour l’empêcher de véhiculer les molécules. Dans un isolant, l’air est confiné pour limiter la convection. Mais pour aller plus loin, il existe plusieurs techniques. La première consiste à substituer le gaz du matériau par un autre moins conducteur. La seconde, dite à basse pression, supprime totalement le gaz en faisant le vide dans une enveloppe étanche. La troisième alternative consiste à rendre le gaz moins mobile – donc les molécules aussi – en l’enfermant dans des cavités inférieures à son parcours moyen. Le matériau devient alors nanoporeux. C’est le couplage de ces deux dernières solutions qui ont retenu pour le développement de panneaux isolants sous vide les plus performants.

 

 

 

« Arbitrer entre économie d’énergie et valeur au m² »

Caroline Lestournelle*

Quelle est la solution la plus adaptée pour isoler en répondant à la Réglementation thermique sur l’existant (RTE) ?

 

Les laines minérales bien sûr ! Si on prend en compte les valeurs données dans les Agréments techniques européens, à même encombrement, la laine minérale affiche une résistance thermique supérieure aux produits minces réfléchissants. D’une épaisseur de 30 mm, il doit être pris en sandwich entre deux lames d’air non ventilées ce qui fait une épaisseur totale de 70 mm. Sa résistance thermique est de 1.75 m².K/W, soit inférieure à la RTE dont l’exigence pour les murs est de 2.3 et 4.5 pour les combles. Pour atteindre les valeurs de la Réglementation dans l’existant, il faudra 75 mm dans les murs et 145 mm dans les combles. Mais nous recommandons plutôt de choisir le niveau de résistance thermique exigé pour bénéficier du crédit d’impôt et amener son logement vers la Basse Consommation.

 

Mais ces solutions ne sont plus très minces…

 

La résistance thermique d’un isolant est proportionnelle à son épaisseur. La seule réponse mince et performante conforme à la valeur RTE sera les isolants sous vide d’air. Avec la forte contrainte de ces produits : il ne faut pas les percer, sinon leur performance revient à celle d’un isolant dit classique. En outre, s’il faut arbitrer entre économie d’énergie et valeur au m², la réponse à la RTE la plus raisonnable reste la laine minérale.

 

*Secrétaire générale du Filmm, Syndicat national des fabricants d’isolants en laines minérales manufacturées.

 

La réglementation

 

♦ La pose des écrans de sous-toiture entre dans les recommandations de la série de DTU 40 qui impose de ventiler la sous-face des éléments de couverture pour éviter les phénomènes de condensation. La pose d’écrans souples de sous-toiture, à l’exception des écrans HPV, implique de ménager une lame d’air d’épaisseur suffisante ainsi que des ouvertures hautes et basses afin de favoriser la circulation d’air. Les DTU 40.1 et 40.2 précisent la section ddes ouvertures de ventilation et les épaisseurs de lames d’air.

 

♦ CPT du CSTB – cahier n° 3356 : mise en œuvre des écrans souples de sous-toiture faisant l’objet d’un Avis technique

 

♦ La performance d’un isolant se retrouve dans son Avis technique et/ou sur son certificat Acermi ou CSTBat. Dans ce cas, ce sont des valeurs vérifiées. Et, lorsque les isolants ne relèvent pas du domaine traditionnel, il convient de se référer aux Avis techniques. Pour plus d’informations : www.acermi.com ou www.cstb.fr. En outre, le marquage CE est obligatoire pour tout produit réfléchissant faisant office d’écran sous toiture selon la norme NF EN 13859-1 depuis le 30 septembre 2007. Il est gage de qualité et de traçabilité au niveau de sa fabrication et de sa distribution.

 

♦ DTU 25.42 : ouvrages en complexes et sandwiches de plaques de plâtre isolant.

 

LISTE DES FABRICANTS

 

ACTIS : www.actis-isolation.com
DISTRIBUTION INDUSTRIE : www.distribution-industrie.com
ISOLINE : www.isoline-isolant.com
KDB ISOLATION : www.kdb-isolation.com
KNAUF : www.knauf.fr
SIPLAST ICOPAL : www.siplast.fr
SOPREMA : www.thermofoil.fr
VALTECH INDUSTRIE : www.valtech-isolation.com

 

↑ Allez en Haut ↑