Les TMS, 1ère cause de maladies professionnelles du secteur BTP

Fréquents dans toute la filière BPT, les TMS demeurent à ce jour la première cause de maladies professionnelles du secteur : 87 %, selon la Cnam. Alors, quel bilan pour la campagne de prévention aux TMS de l’OPPBTP ?

Fréquents dans tous les métiers du secteur du BTP, les TMS (Troubles Musculo-Squelettiques) demeurent à ce jour la première cause de maladies professionnelles de la filière : 87 %, selon la Cnam. Pascal Girardot, le responsable du domaine Prévention & Usure Professionnelle à l'OPPBTP déclare : "La formation des compagnons et des encadrants, la dynamique de participation des salariés, l'organistion du chantier et du poste, et le choxs des équipements conduisant à réduire les efforts et postures contraignantes sont autant de facteurs essentiels pour bâtir un environnement de travail plus sûr et durable. Cette campagne de sensibilisation aux TMS a permis à de nombreux professionnels d'avancer sur cet enjeu, première cause de maladies professionnelles dans le BTP."

 

 

La campagne de prévention "Même pas mal"

Du 3 avril au 1er juillet 2023 s’est tenue une campagne nationale de prévention des TMS (Troubles Musculo-Squelettiques), baptisée "Même pas mal", auprès des entreprises du BTP, en partenariat avec les Services de Prévention et de Santé au Travail BTP et Interentreprises, l’Assurance Maladie Risques Professionnels et la Direction Générale du Travail.
Le bilan de la campagne semble positif, d’autant plus que cette dernière a été favorablement accueillie : les TMS représentent une préoccupation majeure des chefs d’entreprises, malgré une perception de l'impact de ces TMS variant selon la taille de ladite entreprise.

Pour preuve, 90 % des 630 entreprises qui ont bénéficié d’un diagnostic TMS ont jugé ce dernier utile, tandis que plus de la moitié des 2 005 répondants à l’étude réalisée au terme de la campagne se souviennent d’un élément de la campagne. Parmi ceux qui se souviennent, 48 % ont entrepris une action. Cette campagne aura au moins eu le bénéfice de donner à tout un chacun l’envie d’agir via la mise en place de bonnes pratiques.

Une affiche de la campagne nationale de prévention des TMS des années précédentes. © MemepasmalBTP

 

 

 

Optimiser la performance en prévention des entreprises

Les TMS demeurent donc à ce jour la première cause de maladies professionnelles du secteur BTP, à cause, notamment, des gestes répétés, des efforts soutenus, ainsi que des postures contraintes. L’organisation du travail, les facteurs psychosociaux et individuels favorisent aussi leur apparition, entraînant de ce fait, dans un effet boule de neige, une pluralité d’enjeux sociaux, humains, économiques et juridiques.

La campagne de l’OPPBTP se veut donc l’occasion de mobiliser les acteurs du BTP autour du risque TMS en faisant acte de prévention, d’information et de communication auprès de toutes les entreprises de la filière. L’objectif avoué est que tout un chacun prenne conscience des bénéfices comme de l’intérêt qu'il a à lutter contre les TMS, mais aussi d'accompagner les entreprises en donnant de la visibilité aux solutions et/ou méthodes pour qu'elles soient en capacité d'optimiser leur performance en prévention.

 

 


Quels sont les résultats concrets de cette campagne ?

Au terme de la campagne, l’OPPBTP a réalisé une étude afin de mesurer son impact concret sur les entreprises du secteur. Il ressort de cette étude que :

- 250 000 entreprises ont été ciblées ;

- 500 000 visiteurs se sont rendus sur le site site dédié ;

- au moins un répondant sur deux se souvient d'un élément de la campagne TMS ;

- les affiches et le slogan "Même pas mal" ont trouvé résonance ;

- presque la moitié de ceux se souvenant d'un élément de la campagne (48 %) se sont lancés dans l'action : 36 % ont affiché des éléments de la campagne dans les locaux de leur entreprise, 31 % affirment qu'ils en ont discuté autour d'eux au travail et 11 % ont organisé des réunions en interne sur le sujet ;

- ladite compagne a conduit les entreprises à s'intéresser plus largement au sujet en suscitant une pléthore d'échanges entre les équipes ;

- une entreprise sur quatre affirme se sntir plus concernée par le sujet ;

- et, enfin, que les diagnostics menés dans les entreprises par l'OPPBTP ont été jugés utiles et complets.

 

Fréquents dans tous les métiers du secteur du BTP, les TMS (Troubles Musculo-Squelettiques) demeurent à ce jour la première cause de maladies professionnelles de la filière : 87 %, selon la Cnam. © Freestockercenter / Freepik

 

 

 

Une préocupation variable en fonction de la taille de l'entreprise

La campagne a permis la réalisation de 600 diagnostics terrain auprès des entreprises du BTP, les données chiffrées ne révèlant pas de surprises : ainsi, les TMS sont très largement présentes dans les entreprises, avec 73 % des salariés signalant des douleurs dorsales et 41 % au niveau des épaules.

La moitié des professionnels du BTP se veut unanime : les TMS ont un impact considérable dans leur entreprise, avec cependant des disparités en fonction de la taille ou de l'activité de ladite entreprise : 38 % pour les entreprises de moins de 10 salariés et 84 % pour celles de 250 salariés.

Toutefois, malgré ce constat, seule la moitié des répondants à l'étude concernée par la campagne s'est engagée dans une démarche de sensibilisation et 10 % dans une démache de formation.

 

 


Les trois phases clés du chantier

Les diagonstics ont permis d'établir plus clairement la prise en compte des TMS au cours des trois phases clés du chantier. Pour commencer, lors de la livraison du chantier, les actions entreprises sont encourageantes puisque l'amélioration du matériel (71 %), l'utilisation de véhicules adaptés (84 %) et le recours à des systèmes de stockage efficaces démontrent une volonté d'optimiser la manutention. Cependant, là encore, des différences notables apparaissent en fonction de la taille de l'entreprise avec, par exemple, la livraison directe sur chantier plus sytématique pour les entreprises de plus de 250 salariés.

Ensuite, la préoccupation pour les TMS se prolonge à la phase d'approvisionnement au poste de travail, et ce avec une bonne gestion mécanique des tâches, même si certains secteurs, tel le second œuvre, précisent encore exécuter plus de 80 % des manutentions manuellement.

Enfin, l'étape cruciale de la réalisation des tâches au poste de travail est sérieusement traitée, via une recherche de minimisation des efforts physiques lors de renouvellement du parc matériel et dans l'achat d'outillage (96 %), ainsi que dans l'adaptation de l'organisation de travail (90 %).

 

 


Quid pour l'avenir ?

L'OPPBTP, et ce afin d'aider les entreprises à mieux prendre en compte les TMS et s'en prémunir envisage, dans un futur proche, de mener des actions érgonomiques ciblées sur les situations de travail particulièrement exposées aux risques, d'analyser et proposer des actions d'amélioration des situations contraignantes, d'expérimenter des équipements d'assistance physique inusités, de concevoir un outil d'auto-diagnostic manutention manuelle, de mener un travail conjoint avec les fabricants de matériels et matériaux et, enfin, d'accroître la sensibilisation des apprentis en CFA BTP.

La mise en œuvre prochaine du FIPU (Fonds d'Investissement dans la Prévention de l'Usure professionnelle) viendra soutenir les actions engagées par l'OPPBTP, notamment au travers des aides financières ouvertes aux entreprises. Avec ce précieux soutien, l'OPPBTP envisage un rebond de la campagne pour l'année 2024.

 



Source : batirama.com / Laure Pophillat

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