Équilibre des énergies vise 10 millions de logements chauffés par pompes à chaleur en 2030

L'association Équilibre des énergies, dont les membres comportent notamment EDF, Dalkia, Atlantic, l'Afpac (...), recommande de prioriser l'installation de pompes à chaleur pour la rénovation énergétique des bâtiments.

C'est sur la base d'une étude qui s'intitule "Comment décarboner la France ? Un plan massif de développement des pompes à chaleur s'impose", publiée en octobre 2022, que l'association Equilibre des énergies a rédigé une série de recommandation qu'elle souhaite soumettre au Gouvernement afin de résoudre plus efficacement la délicate équation de la décarbonation en France.

 

L'étude a été établie dans le cadre du comité scientifique, économique, environnemental et sociétal d'Equilibre des énergies avec la collaboration notamment d'EDF, du groupe Atlantic, du groupe Intuis, Daikin et l'Afpac (Association française des pompes à chaleurs). Elle souligne la plus grande efficacité de la pompe à chaleur lors de rénovations énergétiques en termes de rapport qualité prix. Comparativement, la rénovation globale, plébiscité par la politique actuelle, a le défaut d'être trop chère, selon l'association.

 

Avec un effort de plus de 600 Mrd € à fournir pour réduire la consommation énergétique des bâtiments et des financements publics qui sont limités (MaPrimeRénov' : 2,4 Mrd€/an), l'association souhaite agir en ciblant la rénovation là où elle est la plus efficace, au lieu de viser la perfection.

 

"Certains préconisent la rénovation globale, dont le coût est de 50.000 à 60.000 €/logement. Ce budget n'est pas réalisable aux vues du nombre de logements à rénover. Pour rappel, on compte 7,2 millions de passoires thermiques en France. Nous préconisons une stratégie plus réaliste. Il est urgent de prioriser les gestes essentiels de rénovation : pour la moitié du prix, on a un résultat presque équivalent, et on arrive à nos objectifs bien plus rapidement," indiquait Brice Lalonde, président d'Equilibre des énergies lors d'un point presse où l'étude était présenté jeudi 1er décembre.

 

 

Cet exemple montre le cas d'un exemple type : un pavillon 1975-1985, chauffé au gaz. Avec une stratégie globale (toiture, fenêtres, plancher, isolation extérieure, pompe à chaleur) on passe d'une consommation de 300 kWhef/m² à 47 kWhef/m², mais à un coût proche de 60.000€. Avec une stratégie ciblée, installation d'une pac puis traitement de la toiture et des fenêtres, on arrive à une consommation de 69 kWhef/m², mais pour la moitié de ce coût.

 

 

"Nous demandons au Gouvernement de déployer un plan massif d'installations de pompes à chaleur. Au rythme où les pompes à chaleur se développent aujourd'hui, on peut encore accélérer et arriver à 10 millions de pompes à chaleur supplémentaires en 2030." Un objectif bien plus ambitieux que celui de la Commission Européenne qui déjà faisait du développement de la pompe à chaleur l'un des points forts de son programme REPowerEU. Ici, Equilibre des énergies demande le doublement du rythme de déploiement des Pac par rapport à ce qui est déjà prévu par l'Europe.

 

Equilibre des énergies souhaite que le DPE soit utilisé afin de mesurer les résultats de chaque rénovation. Selon l'association, si la RE2020 et le nouveau DPE ont constitué un progrès important, ce dernier est insuffisant. Le DPE ne prend pas suffisamment en compte les émissions de carbone et doit évoluer. Notamment, le facteur de conversion en énergie primaire (2,3) pénalise lourdement l'électricité et devrait être revu.

 

 

Pompes à chaleur air-air, pompes à chaleur hybrides

 

 

Pour cela l'association demande à ce que certains freins, notamment en ce qui concerne les pompes à chaleur air-air, non subventionnées en raison de leur utilisation possible pour la climatisation, soient levés. "Les extrémistes de la sobriété vous disent que la climatisation est un "pêché". Mais force est de constater que le réchauffement climatique, les canicules, demande à ce que les bâtiments soient équipés pour protéger les populations les plus fragiles : les personnes âgées, les jeunes enfants", argumentait Brice Lalonde. En outre, il ajoute à quel point l'installation d'une pac air-air consomme énormément moins d'énergie que les climatiseurs d'appoint que l'on trouve en vente dans les supermarchés. Voila pourquoi parmi les propositions au Gouvernement, le passage des pompes à chaleur air-air à une TVA de 5,5% est demandé, ainsi que leur intégration dans les aides publiques.

 

En ce qui concerne les pompes à chaleur hybride, "elles ont leur utilité, surtout lorsque l'installation tout électrique n'est pas possible techniquement. Mais à condition d'être performante." Equilibre des énergies préconise un taux minimal de couverture de 70% exigé mais un taux de 80% minimum pour obtenir une bonification.

 

 

La question de la puissance appelée sur le réseau

 

 

L'impact du déploiement des pompes à chaleur sur le réseau électrique peut inquiéter et a été invoqué par les promoteurs de solutions concurrentes. Pour Equilibre des énergies, il n'y a pas de fondement à cet argument. Les simulations effectuées par RTE n'indiquent pas de problème particulier lorsqu'on tient compte de facteurs tels que l'évolution des courbes de charge, les très hautes performances des logements neufs, le gain moyen des rénovations, le remplacement des anciens convecteurs par des pompes à chaleur air/air et par des radiateurs pilotés pour le solde. 


Néanmoins, l'association recommande d'encourager par des mesures incitatives (CEE) ou tarifaires, les actions génératrices de flexibilité (pilotage à distance et pièce par pièce des équipements de chauffage).

 

Parmi les 24 propositions de l'association :

 

 

 


Source : batirama.com / Emilie Wood / Photo © Freepik

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