Urbanisme : 9 Français sur 10 veulent du "vert"

Toitures, murs, voies urbaines et parkings végétalisés, jardins particuliers, partagés ou éphémères, les Français aiment le vert. C'est un enjeu de "cohésion sociale", selon les professionnels du secteur.


Les derniers chiffres Ipsos parlent d'eux-mêmes: plus de neuf Français sur dix estiment que le contact avec le végétal est important, voire essentiel à leur quotidien; sept Français sur dix qu'il n'y a pas assez de végétal en ville et un sur deux que le jardin est l'une des deux "pièces" les plus importantes de sa maison.

 

Et l'enjeu est de taille aussi pour l'ensemble de la "filière végétale" tant "il est plus facile de couler du béton ou d'installer un dallage que de verdir un centre-ville", souligne Emmanuel Mony, président de l'Union nationale des entreprises du paysage (Unep) qui organisait une table-ronde sur le sujet.

 

"On ne peut plus considérer le végétal comme décoratif et secondaire. Il est devenu essentiel à la qualité de vie et au vivre ensemble, comme une infrastructure, à un moment la sphère privée se rétrécit", résume Jean-Marc Bouillon, président de la Fédération française du paysage.

 

Succes des jardins éphémères

 

Signe parmi d'autres de ce besoin d'espaces verts, "la hausse de fréquentation continue des parcs multimillionnaires" en nombre de visiteurs, dont les parterres alternent de plus en plus avec des aires sauvages ou dédiées aux pique-niques, ou l'engouement pour les jardins partagés qui attirent "des femmes à 50% et surtout des moins de 30 ans", selon Jacques Soignon, directeur du service espaces verts et environnement de Nantes.

 

A Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), les jardins éphémères humoristiques installés chaque année pendant cinq mois dans la vieille ville depuis six ans rencontrent un succès énorme, explique Louis Djalai, directeur des espaces verts de la ville.

 

D'un bout à l'autre du territoire, il est donc "urgent de penser la ville autrement pour protéger la biodiversité au sein des jardins, en trouvant des compromis et donc des solutions techniques", estime Thierry Mueller, architecte paysager strasbourgeois à la tête d'une PME spécialisée dans les techniques innovantes liées aux sols.

 

Pas facile de verdir des sols non fertiles

 

Pas facile pourtant, quand l'espace disponible est réduit et quand les sols sont pollués. Car dans les villes, souligne M. Mueller, "le sol n'est pas fertile. Verdir des espaces réduits et linéaires, des friches, lignes de tramways, pistes cyclables, alentours de centres commerciaux en tenant compte des réseaux électriques ou de gaz souterrains, de la gestion des eaux de ruissellement" n'est pas une mince affaire.

 

D'une ville à l'autre, "l'espace vert dédié aux habitants où la cohésion sociale puisse s'exprimer n'est d'ailleurs pas le même: 37 m2 par habitant à Nantes contre 3 à 4 m2 à Paris mais 87 m2 à Stockholm", souligne M. Soignon. "Les bienfaits du végétal, dont la simple présence réduit le niveau d'anxiété, sont prouvés depuis longtemps", explique Sandrine Manusset, docteur en sciences de l'environnement.

 

"Il humanise les lieux, réduit la pollution, favorise les échanges, le bien-être individuel et collectif. La présence d'un simple espace vert près d'un bien immobilier lui ajoute une plus-value de 3 à 4%"."Le jardin c'est l'antivirtuel par excellence! En 30 ans, nous n'avons jamais vécu autant de révolutions technologiques, mais notre horloge biologique n'a pas bougé. C'est au jardin qu'elle retrouve sa sérénité", dit Pierre-Alexandre Risser, jardinier-paysagiste.

 

 

Source : batirama.com / AFP

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