Lafarge veut produire plus vert et plus durable d'ici 2020

Le groupe de matériaux de construction Lafarge va intensifier d'ici 2020 la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre et l'utilisation dans ses cimenteries de combustibles non fossiles et de matériaux recyclés.


"Il n'y a pas d'économie verte sans industrie verte, ni de monde durable sans une industrie responsable", a commenté le PDG, Bruno Lafont, en présentant à la presse les ambitions du groupe en matière de développement durable à horizon 2020, qui prendront le relais d'un programme précédent sur 2007-2012.

 

Parmi les objectifs majeurs figure la réduction des émissions de dioxyde de carbone (CO2) par tonne de ciment de 33% par rapport à leur niveau de 1990. En 2011, Lafarge les avait déjà diminuées de 23,3% à 593 kilogrammes, dépassant son objectif initial (-20%).

 

Ses émissions totales ont en revanche augmenté de 26% depuis 1990 à 95 millions de tonnes sur l'année 2011, "en raison de l'augmentation des volumes de ciment dans les pays émergents", explique le groupe.

 

L'enjeu est important, car le calcaire, matière première utilisée pour la production du ciment, produit du CO2 à la cuisson. Lafarge anticipe aussi la révision, à partir de 2013, du système européen d'échanges de quotas d'émissions de gaz à effet de serre, qui devrait aller dans le sens d'une plus grande réduction des émissions.

 

50 % de combustiles non fossiles d'ici à 2020

 

Le groupe compte également d'ici 2020 utiliser 50% de combustibles non fossiles dans ses cimenteries (contre 13% en 2011). Il a déjà commencé il y a une dizaine d'années à utiliser autre chose que du gaz ou du charbon, une tendance en accélération depuis trois ans, selon Kareen Rispal, directrice du développement durable.

 

"On brûle dans les fours de nos cimenteries, qui peuvent atteindre 2.000 degrés, des pneumatiques, des solvants, des cosses de riz, des coques de noix, des déchets, etc.", a-t-elle expliqué.

 

Lafarge brûle par exemple le quart des déchets ménagers de Zunyi, une ville chinoise de 800.000 habitants.Mais cela nécessite une adaptation des fours, et la mise en place de filières d'approvisionnement, a-t-elle souligné.

 

Lafarge compte aussi d'ici 2020 incorporer dans 20% de ses bétons des matériaux réutilisés ou recyclés, provenant de la démolition de bâtiments. Par exemple, "des déchets broyés sont ajoutés au béton ou aux granulats qui servent dans les sous-couches pour construire des routes", a expliqué Mme Rispal.

 

Objectifs sociaux et développement de la microfinance

 

Parmi les autres objectifs à horizon 2020 figure la réduction d'autres émissions (poussières, dioxyde de soufre, oxyde d'azote, mercure) ou l'instauration de plans de gestion de l'eau ou de la biodiversité autour des carrières.

 

Mais Lafarge se fixe aussi des objectifs sociaux, comme faciliter l'accès à des logements abordables et durables, avec par exemple un partenariat dans la microfinance en Indonésie, au Honduras, en Zambie, aux Philippines et au Nigeria, d'environ 10 millions d'euros sur deux ans.

 

Il veut aussi plus que doubler sa proportion de femmes cadres à 35% contre 16% en 2001, réaliser 100% de ses achats auprès de fournisseurs respectant les droits fondamentaux des populations et des travailleurs, encourager le volontariat, arriver à zéro accident mortel sur ses sites...

 

Lafarge compte d'ici 2020 dégager un chiffre d'affaires annuel de 3 milliards d'euros avec de nouveaux produits et services durables. En 2011, ils représentaient déjà 2,3 milliards, sur un chiffre d'affaires total de 15,3 milliards.

 

 

Source : batirama.com / AFP

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