Comment isoler des murs par l’intérieur sans perdre trop de place

Quand l?isolation thermique par l?extérieur n?est pas envisageable, le recours à des produits à fort pouvoir isolant s?impose, pour isoler les parois en préservant la surface habitable.

En neuf comme en rénovation, la chasse aux m2 va de pair avec le besoin d’obtenir un bâtiment bien isolé, pour garantir le confort de ses usagers tout en économisant de l’énergie. Des produits spécifiques permettent de limiter l’emprise au sol de quelques centimètres, tout en apportant une isolation satisfaisante des parois.

 

Mises bout à bout, ces petites surfaces garantissent un gain de place non négligeable. Les solutions « minces » sont plutôt préconisées dans le résidentiel collectif, en milieu urbain ou périurbain, où le coût du m2 est élevé et les surfaces de pièces souvent réduites.

 

Plus onéreuses, elles sont employées lorsque les solutions standard d’isolation par l’intérieur sont inappropriées, car trop encombrantes, et l’isolation thermique par l’extérieur impossible (conservation de l’aspect d’origine, empiètement sur la voie publique ou sur des propriétés privées, spécificités techniques, etc.).

 

Les panneaux isolants sous vide, les plus performants


L’emploi de panneaux isolants sous vide (PIV) offre un gain de surface de 5 à 10 % par rapport aux solutions classiques. Isolants les plus performants du marché (avec une conductivité thermique λ très faible, autour de 0,003 W/m.K), ces PIV sont apparus dès 2008.

 

Ils sont constitués de poudre de silice amorphe, ou d’une poudre de diatomée de synthèse pressée, enfermée dans une enveloppe aluminium- polyéthylène étanche, thermo-scellée sous vide.

 

Chaque panneau est protégé des chocs soit par un surfaçage collé sur les 2 faces qui leur confère une certaine tenue mécanique, soit par une fine plaque complémentaire de mêmes dimensions, posée indépendamment.

 

Une demande croissante en isolants gain de place


Moins performants que les PIV, mais plus efficaces que les solutions standard (laines minérales et PSE « ordinaires »), d’autres produits permettent de limiter l’emprise au sol liée à l’isolation, dans une moindre mesure mais pour un coût nettement plus accessible. Ils sont mis en oeuvre dans des systèmes moins épais, qui permettent de gagner, là encore, quelques mm sur la paroi.

 

Ce sont des laines de verre nouvelle-génération qui affichent une conductivité thermique plus faible que les laines de verre standard (pour un coût environ deux fois supérieur à épaisseur égale). Ou encore un isolant alvéolaire, à la conductivité thermique équivalente aux meilleures laines de verre (λ de 0,03 W/m.K). Ou encore des polystyrènes extrudés (XPS, au λ de 0,028 W/m.K) et des polyuréthanes (PUR, au λ de 0,022 W/m.K) collés à des plaques de plâtre pour former des complexes de doublage thermique performants.



Isolation et RE2020


L’exigence croissante de performance thermique des bâtiments liée à la réglementation environnementale RE 2020 qui entre en vigueur au 1er janvier 2022 devrait favoriser l’usage de tous les types d’isolants « gain de place » dans le neuf ; d’autant plus lorsqu’ils démontrent des aptitudes à préserver de la chaleur.

 

Jusqu’à présent, les solutions d’isolation « gain de place » ont plutôt été destinées à la rénovation de l’existant. Afin de bénéficier des aides gouvernementales, une rénovation thermique exige une amélioration significative parfois difficile à obtenir (résistance thermique R de 3,7 m2 K/W de la paroi).

 

             

 

Solution 1 : Pose de panneaux isolants sous vide (PIV) rigides

 

Des systèmes complets ont été développés par quelques fabricants ces dix dernières années pour répondre à diverses applications même si les PIV restent un marché de niche.

 

Si ces panneaux sont mis en œuvre aisément et se comportent bien dans le temps (durée de vie estimée à 50 ans au moins), leur coût, très supérieur à un isolant standard de type laine minérale ou PSE, est le premier frein à leur développement (environ 8 fois plus élevé). Le risque de percement qui amoindrit leur performance thermique, est un autre argument limitant leur usage au strict nécessaire (une pièce très petite, un accès difficile …).

 

Par ailleurs, la découpe des panneaux sous vide étant proscrite, leur emploi impose un calepinage très précis (les inévitables espaces résiduels, représentant moins de 10% de la surface à isoler, sont comblés avec de la laine de verre).

 

C’est pourquoi les fabricants de PIV apportent un service de conception sur-mesure (étude thermique, plan d’assemblage des composants du système) et une livraison sur chantier. Le développement de plusieurs formats de panneaux optimise la pose. Des plaques de protection de grande dureté, intercalées entre le panneau et le parement, permettent d’éviter un percement accidentel.


Les panneaux isolants sous vide s’appliquent directement sur le mur sain et exempt d’objet affleurant, suivant un plan d’assemblage précis. Ils peuvent être maintenus par une ossature en PVC ou métallique.

 

 

Dans le système Slimisol de Siniat, le PIV est maintenu par une ossature en PVC. Un rail bas est fixé au mur et les panneaux sont juxtaposés sur la première rangée. Puis une plaque de protection est glissée dans le rail devant chaque panneau, de la 1ère rangée avant la pose de la fourrure PVC pour installer la 2e rangée (et ainsi de suite tous les 60 cm). Le haut du mur est comblé avec un isolant complémentaire.

 


Dans le système Optima Vip d’Isover, la structure de la cloison est métallique. Les lisses horizontales sont fixées au sol et au plafond. Auparavant, des bandes de membrane sont posées autour des fenêtres et portes, en pied de mur, en haut et dans les angles. Après fixation des fourrures, les panneaux d'isolants sont fixés à la paroi par un adhésif. Des bandes de laine de verre GR32 (λ =32 mW/m.K ) sont placées sur les fourrures horizontales et entre les panneaux d'isolants. Une membrane recouvre les panneaux isolants, pour assurer l’étanchéité à l’air avant le vissage des plaques de plâtre

 

 

             

Solution 2 : Isolant semi-rigide et pose traditionnelle

 

Les isolants semi-rigides (laine de verre ou isolant alvéolaire) sont posés de façon traditionnelle, selon le DTU 25.41*

 

Après fixation des lisses haute et basse et appuis intermédiaires au mur (propre et sain), l’isolant semi-rigide est coincé derrière les fourrures, embroché ou calé entre appuis. S’il n’est pas intégré à l’isolant, un pare-vapeur est posé pour garantir l’étanchéité à l’air de la paroi. Les fourrures verticales sont clipsées dans les lisses haute et basse, en face de chaque appui intermédiaire. Puis le parement de finition est fixé.

 

A noter en outre un produit spécifique alvéolaire (Hybris) qui requiert également une pose traditionnelle. Découpé à hauteur sol-plafond avec une surcote de 5-10 mm, le panneau alvéolaire semi-rigide, se présente sous forme d’accordéon. Il est déplié dans sa largeur, puis glissé derrière les lisses (film réfléchissant côté intérieur), en commençant par un angle. Embroché sur les appuis intermédiaires et fixé par des cavaliers. Le panneau est placé bord à bord avec le suivant, auquel il est solidarisé grâce à la languette adhésive intégrée.

 

*Le DTU 25.41 détaille la mise en oeuvre des cloisons, contre-cloisons et plafonds en plaques de plâtre sur ossature.

 

 

Le produit spécifique alvéolaire (Hybris) requiert également une pose traditionnelle 

 

 


Source : batirama.com/ Emmanuelle Jeanson

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