Savanah, une aide-soignante devient apprentie peintre

Savanah, aide-soignante durant un an et demi, a opéré une reconversion professionnelle il y a quelques mois. A 22 ans, elle prépare un CAP peintre en un an.

Titulaire d’un bac économique, Savanah, 22 ans, s’est d’abord orientée vers le métier d’aide-soignante qu’elle a exercé durant un an et demi… en pleine crise du Covid-19.

 

Puis, elle décide de changer d’orientation à la fin de l’année 2020 et de devenir peintre. « J’enchainais les heures de travail et ne voyais pas le jour, tout en accumulant beaucoup de fatigue. Un jour, mon corps m’a lâchée et là, j’ai remis en question mes choix professionnels » témoigne la jeune apprentie.

 

Il faut dire que Savanah Bourdoulous pense depuis longtemps aux métiers du Bâtiment. « J’ai toujours eu le goût du bricolage, en voyant notamment ma mère effectuer des travaux de rénovation » confie la jeune femme. Avant d’obtenir son bac, elle avait d’ailleurs visité le CFA formant aux métiers du Bâtiment à Nangis (77), près de chez elle, mais n’avait pas trouvé la filière correspondant à ses vœux.

 

Après son expérience d’aide-soignante, le déclic se fait et Savanah décide de se rapprocher du CFA de Nangis. Déterminée, elle appelle les entreprises du secteur afin de leur exposer son projet : se former en alternance au métier de peintre. « Seules deux entreprises ont été intéressées par ma démarche, dont celle de Luc Papavoine à Vaux-le-Pénil (77) », explique Savanah.

 

Un stage d’immersion de deux semaines et un contrat en apprentissage

 

Le jour même de l’appel, Luc Papavoine, lui propose un entretien. « Les choses sont devenues concrètes à partir de ce moment-là et j’ai pu constater que l’entreprise menait des projets de rénovation globale, comme la pose de cuisines ou de revêtements de sols, ce qui m’a toujours intéressée » reprend Savanah.

 

Après un stage d’immersion de deux semaines au sein de l’entreprise, elle découvre un métier qui lui plait et décide de tenter l’aventure. Mais l’intégration en entreprise n’a pas été facile dans les premiers moments.

 

« J’avoue que j’avais beaucoup de mal à comprendre l’humour de mes collègues. Il nous a fallu un temps d’adaptation pour comprendre nos fonctionnements respectifs » souligne la jeune fille. « J’ai expliqué à mon employeur que j’avais besoin d’être rassurée et encouragée, et cet échange a bien aidé à débloquer la situation ».

 

Quant à l’intégration au sein du CFA, elle s’est bien passée malgré les circonstances particulières liées à la pandémie. « Je suis entrée en septembre 2020 au CFA et ai tout de suite intégré la classe, sans accueil particulier ni visite du CFA » raconte Savanah.

 

La seule femme peintre au CFA et une intégration facile

 

« Mes homologues tous masculins étaient très intrigués mais j’ai pu les aborder plus facilement, grâce au travail en entreprise. J’ai même pu me créer un groupe d’amis que je suis contente de retrouver au CFA » déclare ravie la jeune apprentie.

 

Aujourd’hui, Savanah se dit bien intégrée et assure pouvoir réaliser toutes les missions qui lui sont confiées. « Mon employeur me considère comme une salariée à part entière et je peux effectuer toutes les taches inhérentes au métier, y compris porter des sacs d’enduits ou des bottes de parquets. Ça ne me dérange pas et ça me muscle les biceps » dit-elle amusée.

 

Quels conseils donnerait-elle aux femmes intéressées par le métier ? « Il faut faire des immersions dans le secteur pour savoir si on aime le métier ou pas. Et ensuite, il faut mettre ses a priori de côté sur le machisme des hommes. Bien sûr, il faut mettre son « hypersensibilité » de côté le cas échéant, et ensuite foncer » affirme Savanah.

 

« Le métier de Peintre suppose une bonne condition physique »

 

« Nos métiers restent des métiers physiques, complète Luc Papavoine, employeur de Savanah, il faut donc être en forme et plutôt sportif ». Mais c’est surtout la motivation de Savanah et sa personnalité qui l’ont convaincu à la recruter.

 

« Quand elle m’a appelé, elle savait ce qu’elle voulait et savait à qui elle s’adressait. Elle ne venait pas par hasard et c’est sa démarche volontaire qui m’a rassuré » reprend Luc Papavoine. Sur 7 apprentis qu’il a formés dans l’entreprise, 4 étaient d’ailleurs des filles.

 

Quel rêve nourrit la jeune femme pour l’avenir ? « Je voudrais bien améliorer mes compétences avec un Brevet Professionnel, après le CAP, et pouvoir m’en servir pour rénover des logements et les louer par la suite » déclare Savanah qui se voit bien devenir investisseur immobilier. 

 

« Mais, mon professeur d’atelier, lui me voit devenir formatrice à long terme » ajoute-elle. En tout cas, une chose est certaine, selon elle : sa formation lui ouvrira de nombreuses portes et lui permettra d’évoluer tout au long de sa vie professionnelle dans un métier qui lui plait, elle en sûre, et sans doute pour très longtemps…

 

 

Ce sont la motivation de Savanah et sa personnalité qui ont convaincu Luc Papavoine, son employeur, à la recruter


 

Source : batirama.com/ F. Leroy

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