110 start-up ont participé au concours ConstructionTech

Approfondir les nouvelles technologies et multiplier leur puissance par l?hybridation et le croisement seront les nouveaux défis des start-up oeuvrant dans le BTP.

Au début, il y avait le BIM, la Réalité Virtuelle (RV ou VR pour Virtual Reality), la mobilité électrique, le numérique, l’Internet des Objets (IoT), le Big Data, l’Intelligence Artificielle, le Cloud, … autant de nouvelles technologies qui, chacune dans son domaine, sont en mesure de changer la manière dont les entreprises du bâtiment travaillent.

 

Ces technologies leur apportent un saut de productivité, fiabilisent leur production, depuis la conception des bâtiments, jusqu’à leur exploitation et leur démantèlement en fin de vie. Il faut continuer de les approfondir et de disséminer leur maîtrise parmi les entreprises du bâtiment et une bonne partie des start-up qui ont participé au concours ConstructionTech œuvre en ce sens.

 

Maintenant, s’ouvre une période autrement plus excitante et prometteuse : celle de l’hybridation entre ces nouvelles technologies. Leur puissance d’innovation est multipliée. Le croisement entre deux ou plusieurs de ces nouvelles technologies ouvre un fabuleux potentiel pour les entreprises du bâtiment. Les start-ups ConstructionTech se sont emparées de ce potentiel.

 

Elles n’ont pas oublié non-plus de contribuer à résoudre les grands problèmes du moment : la construction durable, la production d’électricité décentralisée, la lutte contre le réchauffement des villes, …

 

 

Approfondir et disséminer les nouvelles technologies

 

Dans chacune des catégories du concours ConstructionTech – BIM, 3D & VR ; Big Data, Intelligence artificielle et Blockchain ; Energie, efficacité énergétique et ENR (Energie Renouvelables) ; Gestion de chantier ; Plateformes d’intermédiation ; Sécurité des personnes & des équipements ; Smart home, Smart building et IoT ; Solutions constructives et Matériaux – plusieurs participants ont proposé des solutions pour faciliter l’accès et approfondir l’emploi des nouvelles technologies.

 

BIM Cloisons, par exemple, facilite l’emploi du BIM, des maquettes numériques 3D et des possibilités qu’ils offrent pour les plaquistes, les plâtriers et tous leurs donneurs d’ordres : architectes, entreprises générales et Maîtres d’Ouvrages.

 

BIM myProject et BIMEO ont développé des applications de gestion des chantiers utilisant le BIM et la 3D. CAD.42 fait appel à une combinaison d’outils numériques et d’IoT (géolocalisation des personnels et des matériels) pour créer un pont entre le monde virtuel de la construction numérique et le monde réel des chantiers, de manière à accroître productivité et fiabilité.

 

D’autres start-Up, comme INOD transforment la réalité virtuelle en outil d’aide à la décision ou d’aide à la vente. A partir d’une maquette au format .IFC (Industry Foundation Classes, le format d’échange des fichiers entre les applications BIM), INOD offre une visualisation et un parcours réalistes dans le bâtiment. De quoi permettre aux architectes de mieux expliquer leurs visions à des Maîtres d’Ouvrages, de quoi permettre aux promoteurs de vendre plus vite des logements encore à l’état de projet.

 

 

La Solution Vizcab est un outil d'analyse puissant des performances énergie-carbone des projets de construction

 

La puissance des outils numériques

 

Les nouveaux outils numériques sont également mis au service des grands thèmes du bâtiment. Par exemple, s’appuyant sur une maquette BIM, Vizcab fournit un puissant outil d’analyse des performances énergie-carbone des projets de construction, entièrement dans le Cloud.

 

La puissance informatique nécessaire est en effet encore hors de portée d’un micro-ordinateur. Grâce à ses fermes de serveurs – le Cloud – Vizcab est en mesure en quelques heures de simuler jusqu’à 20 000 solutions différentes pour la conception d’un projet.

 

De même, avec son offre SocialJS, OIP Solutions met en avant des solutions informatiques – CRM, gestion de projets, Ressources Humaines, etc. – fonctionnant dans le Cloud. Tout ce dont les entreprises clientes ont besoin, ce sont des ordinateurs avec un connexion et un navigateur internet. C’est aussi l’assurance que les logiciels fonctionnant dans le Cloud sont à jour en permanence.

 

PriceHubble met le Big Data et l’analyse de terraoctets de données au service des métiers de l’immobilier, transformant d’énormes volumes de données en signaux simples, utiles et accessibles pour l’évaluation des biens et la valorisation des actifs.

 

Le grand lauréat du jury est Snapkin (gestion de chantier)

 

Répondre mieux à des problèmes existants

 

D’autre start-ups s’attachent à faciliter les processus déjà existant, de manière à mieux répondre aux besoins des entreprises du bâtiment. Par exemple, SEVE-UP crée un lien entre le BIM et le Big Data au service de la gestion patrimoniale, de l’exploitation et de la maintenance des bâtiments.

 

L’entreprise part de la maquette numérique d’un bâtiment, puis ajoute, et localise dans le bâtiment, tout au long de sa vie, les innombrables données qu’il génère. Tout cela est intégré à la plateforme gratuite KROQI, dédiée au travail collaboratif en lien avec la maquette numérique.

 

Autre exemple, Air Serenity a développé trois solutions de purification d’air connectées. Deux appareils se posent dans les pièces à traiter, tandis qu’un troisième est destiné à être monté sur l’insufflation d’un système de ventilation double-flux.

 

Tous trois sont autonomes et connectés : ils se mettent en route en fonction d’une détection de divers polluants et préviennent l’utilisateur grâce à une application, lorsqu’il faut changer leur cartouche de filtration.

 

Magic Mosaic, de son côté, propose grâce à un logiciel associé à une fabrication artisanale, de transformer n’importe quelle image en une mosaïque facile à poser. Elle est livrée en carreaux de 30 x 30 cm numérotés et prêts à poser. EPUR propose Oakbot, un outil de fraisage numérique portatif destiné à être utilisé sur chantier par les charpentiers.

 

Des innovations simples et efficaces

 

Toutes les innovations ne font pas nécessairement appel à des technologies numériques. Plusieurs start-ups ont complètement repensé l’approche traditionnelle de certains problèmes spécifiques et fournissent des solutions élégantes, simples et presque Low Tech.

 

Par exemple, Cool Roof propose de peindre les toitures-terrasses en blanc à l’aide d’une résine spécifique, à la fois pour réduire les besoins de climatisation des bâtiments et minimiser l’effet îlot de chaleur.

 

Immoblade a mis au point une protection solaire intégrée entre les deux vitres d’un double vitrage. Totalement passif, sans aucun besoin d’alimentation énergétique, ni maintenance, la solution Immoblade repose sur une géométrie particulière de lames brise-soleil qui bloque le soleil l'été et le laisse rentrer totalement l'hiver.

 

Immoblade décline cette solution en deux produits : une sérigraphie et les mini-stores incorporés au double vitrage. Kaousmart, de son côté, a mis au point une solution low-tech, mais tellement astucieuse, de serrage compressif pour l’installation rapide et fiable d’une fermeture sur toute ouverture.

 

Respir, après trois ans de recherche, propose une solution de construction bois pour maisons individuelles. Flovea a développé des kits simples à mettre en œuvre pour les installations sanitaire et de chauffage central. HeatSkin améliore et fiabilise les solutions de chauffage électrique rayonnant par membranes incorporées aux sols ou aux plafonds.

 

Multiplier la puissance des nouvelles technologie grâce à l’hybridation et au croisement

 

Au-delà de l’approfondissement de nouvelles technologies, aussi révolutionnaires qu’elles peuvent être, il est encore plus intéressant d’en associer plusieurs. En matière de gestion de chantier, par exemple, l’association du numérique et des objets connectés, multiplie les possibilités.

 

C’est l’idée de CAD.42 ou de GenieBelt qui associent numérisation et dématérialisation des documents et processus de chantier à une géolocalisation des matériels et des personnes sur le chantier, pour accélérer les processus et accroître la productivité.

 

L’association du BIM et de la réalité virtuelle par superposition de l’une sur l’autre offre une manière à la fois fiable et rapide de réconcilier sur chantier la maquette 3D du BIM et l’état d’avancement des ouvrages.

 

C’est la voie de la « Réalité Mixte » poursuivie notamment par BMP Connect, par les concepteurs nantais de l’application Bloc in Bloc. La réalité mixte s’avère fructueuse aussi bien lors de la construction pour suivre l’avancement et la conformité des travaux, que lors de la maintenance où un simple smartphone ou tablette permettent de superposer sur la photo d’un ouvrage toutes les informations issues de sa maquette numérique, comme les caractéristiques techniques détaillées et la marque d’un composant qui doit être remplacé sur un circuit de distribution d’eau glacée, par exemple.

 

BIM + Blockchain

 

L’une des associations les plus prometteuses est celle du BIM et de la Blockchain. Nous n’en sommes qu’au début, mais BIMCHAIN, par exemple, a proposé d’utiliser la Blockchain pour vérifier et sécuriser les informations incorporées dans une maquette BIM pour la maintenance d’un bâtiment.

 

Côté énergie, Energysquare a inventé une surface de recharge électrique modulaire, baptisée PbC, capable d’alimenter simultanément un PC portable et plusieurs autres appareils. Tous ces exemples ne sont que la partie immergée de l’iceberg des nouvelles technologies appliquées au monde du bâtiment, telles que les poussent les 110 start-ups qui ont participé au concours constructionTech. D’autres encore devraient apparaître ou s’approfondir d’ici le salon BATIMAT à l’automne 2019.

Smartcast (solution constructive et matériaux)

 

 

Les 8 start-up sélectionnées :

 

 


Source : batirama.com / Pascal Poggi

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