Non-lieu requis dans le dossier du Grand Stade de Lille

Le parquet de Lille a requis un non-lieu à l'encontre des sept personnes mises en examen ou témoin assisté dans l'enquête ouverte en 2012 sur les conditions d'attribution du chantier du Grand Stade de Lille à Eiffage.

Parmi les sept suspects figure l'actuel président de la Métropole européenne de Lille, Damien Castelain (sans étiquette), qui était l'un des vice-présidents de la collectivité en 2008 lors de l'attribution du marché.

 

Le parquet a en revanche requis un supplément d'information pour un des volets de l'affaire concernant M. Castelain, au sujet de la livraison via Eiffage à son domicile de pierres pour la construction d'une terrasse.

 

Outre M. Castelain, mis en examen en avril 2017, deux anciens élus sont visés par cette information judiciaire ouverte pour favoritisme, faux et usage de faux, corruption et trafic d'influence. Il s'agit de Michèle Demessine, ex-sénatrice PCF du Nord et ancienne vice-présidente, sous statut de témoin assisté, et de Henri Ségard, lui aussi ex-vice président de l'institution. MM. Castelain et Ségard ont été mis en examen pour trafic d'influence passif et complicité de favoritisme.

 

Soupçon de trafic d'influence contre deux anciens dirigeants d'Eiffage

 

Deux anciens dirigeants d'Eiffage sont également soupçonnés de trafic d'influence actif, et deux fonctionnaires de la communauté de faux et usage de faux. L'avocat d'Henri Ségard, Me Romain Ruiz, a dit son "soulagement" et sa "satisfaction", le parquet reconnaissant "la bonne foi" de son client, "qu'il clame depuis le début".

 

Le parquet affirmerait aussi que "ni M. Ségard, ni M. Castelain n'ont demandé quoi que ce soit à Eiffage en contrepartie de leur engagement", selon Me Ruiz. Celui-ci précise que le volet favoritisme est "entièrement prescrit", ce qui justifie ce non-lieu.

 

Eiffage avait été choisi par la communauté urbaine de Lille, alors que son projet présentait un surcoût de 108,5 M € face à celui, plus classique, de Bouygues. De source proche de l'enquête, il est reproché à MM. Castelain et Ségard d'avoir été invités par Eiffage à deux évènements sportifs à l'étranger, un match de football de l'équipe de France à l'Euro 2008 en France et le Grand Prix de Hongrie de F1 en août 2010.

 

Suite judiciaire au mois de septembre

 

L'avocate de M. Castelain, Florence Rault, avait rejeté ces accusations en avril 2017, affirmant qu'il avait payé son voyage en Suisse, ses travaux de terrassement et qu'il avait été invité en Hongrie par des amis "n'ayant aucun rapport avec Eiffage".

 

Le stade Pierre Mauroy, implanté à Villeneuve-d'Ascq et inauguré en 2012, est une enceinte ultramoderne de 50.000 places où se tiennent principalement les matches du Losc, club de football de Lille. Après ces réquisitions, il appartient au juge d'instruction Jean-Marc Cathelin de se prononcer, probablement en septembre.



Source : batirama.com

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