Inondation : un plan national de prévention des risques

Un an après la tempête Xynthia, le gouvernement entérine un plan national de prévention des risques d?inondation.

 

Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, la tempête Xynthia a causé la mort de 53 personnes et traumatisé la France entière. Un an après cette catastrophe, le plan national submersions rapides vient d’être validé par le premier ministre, après une large concertation conduite de juillet 2010 à début février 2011. Véritable feuille de route de l’Etat en matière de prévention des risques d’inondation, ce plan, doté d’un budget de 500 M€, comprend plus de 60 actions concrètes. Ce dispositif complet vise à mieux maîtriser l’urbanisation dans les zones dangereuses, améliorer la vigilance météo et l’alerte des populations, et renforcer la fiabilité des digues.

 

« Dans notre façon d’appréhender le risque d’inondation, il y a désormais un avant et un après Xynthia. Cependant, il est à déplorer que la prise de conscience actuelle de la réalité du risque de submersions marines se soit faite au prix de tant de morts et de familles anéanties. Trois mois plus tard, les pluies torrentielles du Var avec leur cortège de victimes sont venues à leur tour nous rappeler notre grande vulnérabilité face aux inondations. Le plan présenté aujourd’hui a pour objectif de protéger les populations et de sécuriser l’ensemble du territoire. Mais au-delà de ces mesures, il nous faudra également résister à la tentation de l’oubli car c’est bien notre capacité collective à entretenir le souvenir de tels drames qui est la meilleure garantie pour éviter les erreurs du passé en particulier en matière d’aménagement et d’urbanisation », a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet, minstre de l’Ecologie, du développement durable, des transports et du logement.

 

La ministre a présenté les quatre axes prioritaires du plan submersions rapides.

 

Limiter l’urbanisation des zones à risques

 

Maîtriser l’urbanisation dans les zones à risques à l’aide de 3 décisions clés :
 

 

Vigilance spécifique

 

Améliorer les systèmes de surveillance, de prévision et d’alerte grâce à :
 

 

Contrôle des ouvrages hydrauliques

 

Renforcer la fiabilité des digues par l’engagement de 1200 km de travaux de confortement d’ouvrages est prévu sur la période 2011-2016 et l’Etat mobilisera pour cela des ressources de l’ordre de 500 M€. Le travail de recensement des digues sera achevé d’ici la fin du 1er trimestre 2011 pour les digues fluviales et d’ici la fin de l’année pour les ouvrages maritimes. Les services de contrôle de la sécurité des ouvrages hydrauliques (digues et barrages) ont été regroupés au sein des Directions Régionales de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement, et renforcés à hauteur de 50 postes sur 2009-2011.

 

Développer une véritable culture du risque

 

Les plans communaux de sauvegarde, procédures visant à préparer et organiser la commune pour faire face aux situations d'urgence, seront rendus obligatoires dès prescription d’un plan de prévention des risques. Actuellement ils ne sont mis en place que pour les PPR approuvés.

 

Nathalie Kosciusko-Morizet a également lancé un nouvel appel à projets de Programmes d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI). Ces contrats entre un maître d’ouvrage, l’Etat, les collectivités locales permettent de déployer sur un bassin de risques une politique cohérente, qui prend en compte tous les aspects de la prévention : maîtrise de l’urbanisation dans les zones à risques, réduction de la vulnérabilité du bâti existant, protections, alertes, information préventive… Cette nouvelle génération de PAPI intègre désormais explicitement le risque de submersion marine. 48 PAPI ont été financés depuis 2002.

 

Afin d’assurer la cohérence de la politique de gestion des risques d'inondation, la ministre a annoncé la mise en place d’une nouvelle gouvernance, ouverte aux collectivités territoriales et à la société civile. En effet, le Ministère estime qu’il ne peut exister de « politique de prévention des inondations efficace et pertinente sans un effort collectif et un dialogue constant entre tous les acteurs concernés ».

 

Source : batirama.com

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