Interclima+ELEC: l’Europe et le numérique changent la donne

Trois réglementations européennes contribuent au renouvellement des solutions en Génie Climatique : les Directives ErP et étiquetage énergétique et le règlement F-Gaz.

La Directive ErP (Energy Related Products) 2009/125/CE du 21 Octobre 2009, aussi appelée directive ecoConception est la principale impulsion de l’évolution technique des produits et systèmes utilisant de l’énergie : éclairage, chaudières, ventilation, toutes les machines thermodynamiques.

 

Pour chaque type de produit, un règlement européen précise la directive et fixe ses modalités d’application. Mi-septembre 2017, 24 types de produits ont déjà des règlements publiés, 23 autres groupes de produits sont en cours d’étude, plus ou moins avancée.

 

La directive sur l’étiquetage des performances énergétiques (directive 2010/30/UE du 19 mai 2010 concerne, pour une part, les mêmes produits que l’Er, mais pas systématiquement.

 

Chaudières et pompes à chaleur pour le chauffage ou mixtes (chauffage + ECS) doivent être étiquetés jusqu’à une puissance de 70 kW. Mais les générateurs utilisant la biomasse de moins de 70 kW n’ont pas encore d’étiquette énergétique.

 

Plus de rendement, moins de bruit

 

D’une manière générale, l’ErP fait deux choses. Premièrement, elle trace tout un calendrier d’amélioration des rendements et de réduction du bruit pour tous les appareils concernés.

 

Mais ces exigences ne sont pas fixées dans le marbre. Au contraire, chaque Règlement Européen pris en application de l’ErP prévoit la date de sa propre révision : les exigences augmentent régulièrement, tous les 3 à 5 ans, au fur et à mesure que la technologie progresse.

 

Deuxièmement, l’ErP a complètement modifié la manière d’exprimer la performance énergétique. Pour tous les générateurs de chauffage, on parle désormais d’efficacité saisonnière annualisée, exprimée en énergie primaire et en %.

 

Le R32 se développe grâce au Règlement F-Gaz

 

Troisième texte européen, le Règlement F-Gaz ne concerne que les appareils thermodynamiques. Il prévoit une réduction des quantités de gaz HFC (les fluides utilisés dans les pompes à chaleur, les groupes d’eau glacée et les climatiseurs) globalement mises sur le marché en Europe chaque année.

 

En partant d’un quota égal à 100% en 2015, les quantités commercialisables en 2030 ne représenteront plus que 19% du quota initial. Ce quota est exprimé en tonnes-équivalent CO2. Ce qui traduit le GWP (Global Warming Power) ou contribution à l’effet de serre des fluides HFC.

 

Tous les industriels de la climatisation et de la pompe à chaleur tentent de remplacer les HFC dans leurs systèmes, soit par des fluides qui ne sont pas des HFC et ne sont donc pas concernés, soit par des HFC à faible GWP.

 

Les fluides non-HFC sont les HFO (Hydro Fluoro Oléfines) à très faible GWP ou les fluides naturels comme le propane, l’ammoniac ou le CO2. Le R32 est le seul HFC à faible GWP : 700, contre 2088 pour le R410A ou 1430 pour le R134a.

 

Le Règlement F-Gaz explique le rapide développement du R32 en petite climatisation et dans les pompes à chaleur domestiques, ainsi que celui des HFO dans les pompes à chaleur et les groupes froids de grande puissance. Pour l’instant, on ne dispose pas d’une bonne solution, bien consensuelle, pour remplacer le R410A dans les DRV (Débits de Réfrigérant Variable) utilisés en tertiaire.

 

L’ErP et les pompes à chaleur

 

Le Règlement Européen 813/2013 précise les exigences applicables aux pompes à chaleur pour respecter l’ErP. Appliqué depuis septembre 2015, il sera révisé au printemps 2018, mais il comportait déjà plusieurs étapes.

 

En septembre 2015, les pompes à chaleur chauffage seul ou mixtes devaient atteindre, en mode chauffage, une efficacité saisonnière de 100%, sauf pour les pompes à chaleur basse température (<50°C) qui devaient parvenir à 115%. 

 

A partir du 26 septembre 2017, ces valeurs sont portées respectivement à 110% et 125%. Ça semble faiblement exigeant : après tout, un COP de 4 (400%) sur une PAC n’est pas rare. Mais souvenons-nous qu’il s’agit de rendements annualisés et non de rendements instantanés. Ce qui change tout.

 

D’autres exigences d’efficacité énergétique concernent la production d’ECS des PAC mixtes. Le règlement prévoit aussi des exigences sur les niveaux de puissance acoustique LWA à l’intérieur et à l’extérieur. Sa révision en 2018 va sévériser rendements et puissance acoustique.

 

Le Génie Climatique se porte bien

 

Si l’on en croît les chiffres de vente de matériels, le marché est prospère en 2017.

Le thermodynamique domestique continue sa progression. Sur les 8 premiers mois de 2017, le marché de la climatisation atteint 360 000 pièces 273 760 monosplits, 85 337 multisplits), soit une progression de 4% par rapport aux 8 premiers mois de 2016.

 

Le marché des pompes à chaleur air/eau progresse de 5% pour atteindre 48 657 pièces vendues en 8 mois. Les PACs de moins de 6 kW continuent de croître, tirées par la reprise de la construction neuve.

 

Les PACs de 6 à 10 kW sont en baisse, tandis que le segment de 11 à 20 kW croît de 27% pour les monoblocs et de 14% pour les biblocs. Les PACs haute et très hautes températures sont en forte croissance et s’attaquent au remplacement des anciennes chaudières fioul.

 

En revanche, les PACs géothermiques baissent de 1% pour atteindre des ventes de seulement 1 386 pièces en 8 mois. Les chauffe-eau thermodynamiques continuent leurs progression (+12%) pour atteindre 55 824 pièces vendues en 8 mois.

 

Chaudières : les ventes sont stables

 

Le marché des chaudières reste stable en 2017, par rapport à 2016. Il devrait atteindre globalement 600 000 chaudières gaz et fioul vendues en 2017. Les chaudières gaz continuent de progresser, au détriment du fioul.

 

Les chaudières murales se développent face aux générateurs au sol. La condensation est largement majoritaire. Le segment tout petit – moins de 3000 pièces en 2016 – des générateurs hybrides (PAC+chaudière) progresse légèrement.

 

Source : batirama.com / Pascal Poggi / Photo d'ouverture : ©Daikin

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