Couvreurs : choisir les bons EPI

Le métier de couvreur implique des travaux en hauteur qui peuvent être dangereux. Le port d?EPI s?avère donc souvent une barrière efficace contre certains risques. Détails?

Aujourd’hui, on estime qu’il y a environ 60 000 couvreurs en France et ce chiffre devrait croître dans les années à venir car, même si le marché est en récession, il existerait une pénurie de couvreurs, qui n’interviennent pas que dans la construction neuve mais aussi dans la rénovation.

 

Ces professionnels travaillent principalement en hauteur et sont avant tout exposés au risque de chute. Ce risque est le premier auquel nous pensons, mais il en est bien d’autres qu’il est bon de connaître afin de se protéger au mieux et de se munir d’EPI adéquats.

 

Faire face aux chutes. Dépose de couverture, arrachage du lattis, scellement de panne, gerbage des couvrants et des coulants… ces actions peuvent engendrer des problèmes de chute.

 

Pour y remédier, le harnais complet est nécessaire. Ce dernier remplit trois fonctions : la protection contre les chutes, le maintien au poste et le travail en suspension. Le port d’un casque est également obligatoire.

 

Il protège contre les chocs et les perforations provoqués par des chutes d’objets, des heurts, des objets fixes ou par la chute de la personne elle-même.

 

Les dangers du travail extérieur

 

En cas d’intempéries, les couvreurs qui travaillent à l’extérieur sont contraints de suspendrent leur activité. À la reprise, ils doivent redoubler de précautions du fait de la menace de glissades. Le port de chaussures antidérapantes est donc nécessaire.

 

Pour Jean-Pierre Boutonnet, directeur commercial France Lemaître Sécurité, « la problématique des couvreurs est complexe… Il faut des chaussures fines, souples et légères selon les souhaits des ­utilisateurs, équipées d’un insert antiperforation et d’un embout peu encombrant pour que l’avant de la chaussure soit le plus fin possible et avec de bonnes performances antidérapantes… et lookées bien sûr ! ».

 

Attention aux oreilles et aux yeux

 

Les couvreurs sont exposés au bruit, aux vibrations et aux projection d’éclats et de poussières dans les yeux quand ils font usage de machines électroportatives pour la découpe de tuiles, d’ardoises…

 

Là aussi, il faut utiliser les EPI adéquats (protections auditives, lunettes). Dans les travaux de charpente et la découpe, les couvreurs peuvent être exposés à l’inhalation de poussière (bois ou silice). La prévention passe aussi par des masques, sans oublier les mains qui peuvent, elles aussi, être soumises à des agressions.

 

Là encore, il faut faire attention et se munir de gants, si besoin.

 

 

Du côté des normes

 

 

L’AVIS D’UN DIRECTEUR COMMERCIAL

 

Jean-Pierre Boutonnet,
Directeur Commercial France de Lemaître Sécurité

 

« Le marché des EPI a ralenti ces deux dernières années en France »


Comment se porte le marché des EPI ?


Même s’il existe encore une marge de progression, car certains secteurs d’activités ne sont encore que partiellement équipés, notamment les artisans, le marché des EPI a ralenti ces deux dernières années en France, en raison d’un contexte économique difficile.

 

La distribution des EPI s’est beaucoup démocratisée ces dix dernières années et aujourd’hui la grande majorité des réseaux de distribution de matériaux de construction, indépendants ou non, proposent des EPI à leurs clients, mais aussi les quincaillers, sans compter les vendeurs “sectoriels” (loueurs de matériel…), ainsi que les ventes sur le Net.

 

Ces canaux entrent en concurrence avec les réseaux plus traditionnels et cela durcit le contexte concurrentiel global sur un marché où le potentiel n’évolue plus !

 

Et plus particulièrement celui des chaussures de sécurité ?


Concernant les chaussures de sécurité, nous observons une diminution des volumes dans les entreprises où les chaussures étaient remplacées chaque année, alors qu’elles sont renouvelées à l’usure aujourd’hui…

 

Le domaine de la construction est aussi touché par le contexte économique, qui entraîne une diminution non négligeable du nombre des demandes de permis de construire et, par conséquent, une diminution des consommations d’EPI. Les utilisateurs souhaitent des produits de plus en plus “lookés” qui les renvoient vers les marques “sportswear” à la mode.

 

Cela les conduit quelquefois à choisir des articles qui ne sont pas toujours adaptés aux contraintes de leur environnement professionnel, ni optimum en termes de sécurité !

 

Quelles sont les plus grandes innovations des industriels ?


Le domaine de la chaussure de sécurité a beaucoup évolué ces vingt dernières années. Il y a eu l’arrivée des embouts de protection et des inserts antiperforation non métalliques. Après, les principales évolutions ont concerné la réduction du poids, l’amélioration du confort grâce à des doublures et des semelles intérieures plus évoluées et l’esthétique des produits.

 

Les fabricants doivent néanmoins composer avec les normes en vigueur, qui interdisent parfois d’aller au bout du concept. Les évolutions en cours concernent la substitution du cuir par des matériaux synthétiques (microfibres…), à la suite de l’instabilité croissante des cours du cuir. L’adaptation de la semelle intérieure à la morphologie du pied de l’utilisateur constitue aussi une piste de progrès en termes de confort.

 

 

4 QUESTIONS A UN CHEF DE MARCHE

 

Olivier Piatkowski,
Chef de Marché chez EPI Center du Groupe Adeo

 

« De gros progrès ont été réalisés dans le domaine des équipements antichute »

 

« Ai-je pris les bonnes mesures en terme d’Equipement de Protection Collective (filet, échelle, échafaudage…) et d’Equipement
de Protection Individuelle, telle est la question que doit se poser un couvreur avant d’effectuer un chantier ».

 

Quelle est votre offre en EPI pour les couvreurs ?


Notre proposition est plurielle, principalement sur des produits normés. Nous sommes en mesure de protéger les couvreurs de la tête au pied sur des produits de type EN (Norme Européenne) et jusqu’à la Catégorie III (Risques Mortels), comme les systèmes Antichute, par exemple.

 

Que proposez-vous face aux risques rencontrés par les couvreurs sur les chantiers ?


L’écoute client étant une nécessité, notre objectif est d’identifier son besoin. Notre proposition de base sera globalement identique (casque, lunette, vêtement, antibruit, gant, chaussure, antichute) mais pourra être spécifique selon les circonstances.

 

Un exemple : un couvreur réalisant des travaux de désamiantage devra s’équiper de combinaison jetable, de protection oculaire et respiratoire adaptés. Cette notion de préconisation est l’ADN d’EPI Center au quotidien.

 

Existe-t-il des produits spécifiques dédiés principalement aux couvreurs ?


Oui, le pantalon “largeot”, en tissu velours et évasé aux cuisses est LE produit emblématique des couvreurs. Il reste, à ce jour, une référence même si les nouvelles générations de pantalons, avec genouillères intégrées ­ (EN 14404), renforcés en Cordura™ représentant le “cœur” de ce marché.

 

Autre exemple, celui concernant les chaussures de sécurité. Il est important de tenir compte de la pente d’inclinaison des toitures et de leur état général et des conditions climatiques (pluie, neige, vent) afin de proposer le semelage adapté.

 

La réponse d’EPI Center sera plutôt de proposer des chaussures de sécurité EN ISO 20345 avec semelle HRO (caoutchouc), en cuir pleine fleur hydrofuge (S3), avec la meilleure adhérence possible (SRC).

 

Quelles sont les grandes innovations dans ce marché ?


Je considère que de gros progrès ont été réalisés dans le domaine des équipements Antichute. Les améliorations se situent au niveau du confort des harnais (ceinture de maintien, cuissarde ergonomique horizontale, sangles des bretelles élastiques…, du poids du matériel (mousqueton aluminium, enrouleur à sangle…), mais aussi de la sécurité sur les longes (longe spéciale arête vive…).

 

Important : les pouvoirs publics ont ciblé, comme cap prioritaire du Plan de Santé Travail, la lutte contre les chutes (13% des décès par accident de travail).

 

 

Source : batirama.com / Aude Moutarlier

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