L’enjeu du zéro déchet au cœur des débats du Cerib

La 2e édition de la Journée ?Expertise & Construction? du Centre d?Études et de Recherches de l?Industrie du Béton s?est tenue le 5 juillet à Épernon (28).

Ce rendez-vous, désormais annuel, a rassemblé plus de 400 participants inscrits. Il incluait un cycle de conférences, des visites guidées du campus, un village expo et la remise du Label “Patrimoine du XXe siècle” qui a été décerné au 1er bâtiment du Cerib, édifié en 1970 en préfabrication béton. Cette journée a eu un point d’orgue : la table ronde sur l’économie circulaire.

En effet, dans un monde où l’humanité épuise la planète, les déchets deviennent des ressources et seront les gisements de matières premières secondaires de demain. Le secteur du bâtiment a une responsabilité dans ce domaine en particulier l’industrie du béton.

 

En France, les produits de carrière atteignent 400 millions de tonnes annuellement dont 360 millions de granulats.

Le député François-Michel Lambert, président de l’Institut de l’Economie Circulaire ainsi que Rémi Galin du ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, ont rappelé l’engagement de l’Etat au travers du “Plan national Déchets, Directive cadre déchets” et de la loi de transition énergétique. « Plusieurs pistes sont à l’étude dont la variation du taux de TVA en fonction de l’usage des ressources et la création d’un nouvel indicateur de richesse d’un pays qui intègre la décroissance des besoins matériaux», confie François-Michel Lambert.

 

 

  1. Le Cerib a développé, pour l’Industrie du Béton, le logiciel Leeos, un outil paramétrable d’évaluation environnementale de la structure préfabriquée en béton de bâtiments. © Cerib


Organiser les filières



Sur le terrain, les majors s’engagent concrètement, les filières s’organisent et le tri s’automatise. L’économie circulaire est déjà une réalité pour le verre, le papier et carton, les métaux, aussi pour le bois, pour le plâtre depuis quelques années et la filière est en train de s’organiser pour le verre feuilleté et armé.

« Les premiers exemples sont prometteurs, s’enthousiasme Iaru Zuresco, président de la commission marché travaux publics de la FIB. Par exemple des écrans acoustiques sont fabriqués à base de copeaux de bois et de caoutchouc et des poteaux en béton sont déconstruits pour faire des panneaux de façades. ».

Avec des matériaux plus complexes, le résultat n’est pas toujours en rapport avec le besoin industriel. S’il faut passer par un processus de transformation, le matériau recyclé peut perdre sa compétitivité. « Prenons le cas d’une façade en verre en déconstruction, il peut être moins coûteux de mettre les déchets dans une décharge proche que de les transporter jusqu’à une plate-forme de recyclage », confie Bruno Fradet, responsable de développement chez Veolia Recyclage et Valorisation.

Sur les chantiers certifiés (HQE, Breeam, Leed, etc), la gestion des déchets est une cible. L’approche doit être globale. « Par exemple les plaquistes en faisant du sur mesure au lieu de prendre du standard, peuvent être gagnants avec moins de déchets et une mise en œuvre plu rapide », assure Bruno Fradet.

L’appui du Cerib



Un budget supérieur à un million d’euros par an est alloué au Cerib pour les recherches sur les déchets et le recyclage, pour soutenir l’innovation industrielle et pour préparer les normes de demain.

Deux exemples sont donnés avec le projet Demodulor, terminé mi 2015 et portant sur la démontabilité dans le bâtiment avec quatre matériaux cible, l’acier, le bois, le béton et la terre cuite, et avec le projet national Recybeton, qui va expérimenter sur des chantiers la réutilisation de béton concassé dans du nouveau béton.

« Les matières premières secondaires issues des déchets sont d’une grande diversité, comme les déchets de pneus, les cendres, le sable de fonderie... comment les réutiliser dans le béton en tenant compte des normes ? Il faut étudier l’impact sur l’environnement, en travaillant avec les industriels et les filières sources », explique Patrick Rougeau, directeur de la division matériaux et Technologies au Cerib. Avec la préfabrication des éléments et la standardisation, il est envisageable de concevoir et de fabriquer en atelier des éléments qui soient reconfigurables et réutilisables.



 

  1. Le Cerib est très impliqué avec l’industrie du béton dans le développement du BIM « qui va aider à donner une deuxième vie aux sous éléments du bâtiment. L’idée est que les bâtiments d’aujourd’hui deviennent les banques d’éléments pour les bâtiments du futur », assure Fabrice Bonnifet, directeur Développement durable & QSE, Groupe Bouygues. ©F.Ploye

 

 

Source : batirama.com / François Ploye

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