Déchets du BTP : Haro aux sites illégaux !

Chaque année, 49 millions de tonnes de déchets du BTP disparaissent dans la nature. La profession a décidé de réagir.

« La situation est vraiment alarmante, il est temps de réagir ! », annonce Albert Zamuner, le président de l’Union nationale des exploitants du déchet (Uned). Le ton est ainsi donné.

 

En effet, face au fort développement de ces sites illicites, dépôts sauvages et autres plateformes non autorisés, quatre organisations professionnelles (Uned, Sned, Snefid, SR BTP*) se mobilisent pour la première fois. Ils élargissent à cette occasion le périmètre d’action aux carrières, centrales à béton, installations de stockage de déchets inertes et aux plateformes de transit, tri, préparation au recyclage de déchets inertes.

 

Pour ce faire, elles viennent donc de signer une convention de partenariat visant à établir des règles d'information pour tous les acteurs de la filière susceptibles de devoir évacuer des matériels et des matériaux de chantier.

 

Haro sur les sites dits illicites !

 

« Tous les ans, 49 millions de tonnes de déchets inertes émanant du BTP, sur 262 millions, disparaissent dans la nature. Et nous estimons que sur environ 1200 sites ISDI (installation de stockage de déchets inertes), moins de 600 sont autorisés », précise Albert Zamuner.

 

Le 07 avril dernier, la direction générale de la prévention des risques (DGPR) du ministère de l'Environnement, s'alertait justement de la hausse de ces décharges illégales, dans un document publié sur son site.

 

« Nous pouvons très bien imaginer l’ampleur pour l’environnement avec toutes les conséquences dramatiques que cela peut entraîner », ajoute le président de l’Uned.

 

Mutualiser les ressources des syndicats

 

« Indépendamment les uns des autres, nous ne pourrons éradiquer ce fléau fragilisant les collectivités locales et coûtant aux contribuables. Par contre, en mutualisant les ressources et les savoir-faire de nos syndicats, nous ne pourrons qu'être plus efficaces », souligne Nathanaël Cornet-Philippe, président du Sned, (Syndicat national des entreprises de démolition), également signataire de la convention.

 

« Sans oublier les conséquences de ces sites illégaux qui sont nombreuses, telles qu’une concurrence déloyale par rapport à ceux qui travaillent dans les règles de l’art, une image négative du métier, un obstacle au développement du maillage territorial… », énumère le président du SR BTP (Syndicat des recycleurs du BTP), Gilles Nantet.

 

Objectifs de cette convention

 

« Il est donc important de cartographier les sites de collecte et de traitement des déchets inertes légaux », note Albert Zamuner en premier point.

 

Puis, identifier et renforcer les moyens techniques et de contrôle, appropriés pour chaque type d'installation exploitée irrégulièrement. Et enfin, informer les usagers de ces centres et les professionnels exploitants de ces sites.

 

« Tous ne sont pas malintentionnés », pondère ce dernier.« Les premiers résultats de cette convention sont attendues pour la rentrée de septembre 2017 », souligne Albert Zamuner.

 

Les déchets en chiffres :

 

 

 

 

 

 

 

*Uned (l’Union Nationale des Exploitants du Déchet) ; Sned (Syndicat National des Entreprises de Démolition) ; Snefid (Syndicat National des Entrepreneurs de la Filière Déchet) ; SR BTP (Syndicat des recycleurs du BTP)

 

Photo, de gauche à droite : Gilles Nantet (SR BTP), Albert Zamuner (Uned), Nathanaël Cornet-Philippe (Sned) et Jean-Louis Chemin (Snefid)



Source : batirama.com / Aude Moutarlier

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