Isoler les toits et les combles durablement

La mise en application prochaine de la RT 2005 impose aux industriels de l?isolation une réflexion de fond. Pour l?isolation des toitures et des combles, il semblerait que l?évolution se traduise tout au plus  par une simple augmentation d?épaisseur ; tour d?horizon des systèmes les plus représentatifs.

 

Optimiser les systèmes, simplifier la pose

 

Les laines minérales représentent à elles seules 90 % des surfaces couvertes.Un succès dû aux caractéristiques physiques de ces produits qui s’adaptent facilement à la plupart des situations.Ils sont suffisamment souples pour suivre les aléas d’une charpente irrégulière, mais aussi rigides pour une tenue satisfaisante à la pose et dans la durée.Leurs performances acoustiques et de résistance au feu sont satisfaisantes, et les prix pratiqués restent compétitifs.Enfin, les conditionnements se sont améliorés avec les années, afin de diminuer un certain inconfort à la pose.

 

Laine, mouton, lin, coco, chanvre

 

Toutefois, la demande des particuliers sensibilisés aux questions écologiques explique en partie le succès des isolants « dits » naturels.Constitués de chanvre, de laine de mouton, de lin, de plume d’oie, de coco, de paille…ils se présentent sous la forme de rouleaux et de panneaux, faciles à mettre en oeuvre.Malgré des prix  élevés et des performances thermiques moyennes, ils connaissent un succès grandissant.Les isolants minces sont également en vogue.Depuis vingt ans, ils sont au cœur d’une polémique et officiellement classés comme « compléments d’isolation ».Les particuliers, mais aussi certaines entreprises ont dépassé ce débat et apprécient d’isoler les combles avec une faible épaisseur.Il reste un peu de place pour les panneaux supports de couverture et leurs cousins les systèmes de sarking. Ces procédés performants, aboutis et qui réduisent les temps de pose devraient connaître un succès beaucoup plus important.

 

Source : batirama.com / Paul Valaire

 

 

Les isolants fibreux ont atteint depuis une dizaine d’années un optimum en terme de performances thermiques.La RT 2005 devrait conduire à une augmentation de leur épaisseur.

 

Les fabricants travaillent surtout à optimiser le confort de pose, la rapidité de mise en œuvre, et l’adaptation des produits à un maximum de configurations. L’influence de la RT 2005 devrait être limitée. On observera une augmentation des épaisseurs d’isolants, mais rien n’est sûr, car il sera aussi possible de jouer sur les caractéristiques de l’installation de chauffage pour atteindre les objectifs prévus. Ce qui est en revanche, certain, c’est que l’accent sera mis sur la nécessité d’une mise en œuvre soignée, mais sans véritables bouleversements de principe. La seule évolution technique est liée à la mise sur le marché de complexes permettant de supprimer la lame d’air. Ces produits associent des laines minérales à des écrans de sous toiture hautement perméables (HPV).Les avantages sont multiples, à commencer par une moindre réduction de la hauteur sous plafond ; ce qui peut être important dans les combles de hauteur réduite. Le confort est amélioré, et la surface « vendable » est augmentée. En effet, seules les surfaces dont la hauteur sous plafond  supérieure à 1,80 m sont comptabilisées. L’étanchéité à l’air est également optimisée, ce qui va dans le sens des recommandations des  réglementations thermiques RT 2000 et plus encore 2005.

 

 

 

A RETENIR :

 

Intérêts : Souplesse de mise en œuvre ; Fonctions thermo-acoustiques dans un seul produit : Rapport performances thermo-acoustiques/ prix ; Disponibles partout

 

Limites : Confort de  pose (même si améliorations) ; Volume transporté important (par rapport aux isolants minces)

 

Solution n° 2 : Les isolants naturels 

 

Les isolants dits » naturels » surfent sur la vague de l’environnement et des matériaux sains. D’origine végétale et animale, ces produits se présentent le plus souvent, en panneaux ou en rouleaux, dans les formats et épaisseurs habituelles.

 

L’entreprise qui a l’habitude des laines minérales n’est donc pas déroutée, puisque les procédures de mise en œuvre sont proches, avec un confort de pose ( toucher ) dénué de toute agressivité. Le rapport technico-économique de ces produits n’est par contre pas très favorable. A épaisseur comparable, les performances thermiques se situent dans la moyenne basse de celles obtenues avec des laines minérales, pour des prix de vente trois à quatre fois plus élevés. Vis à vis de la RT 2005, l’évolution devrait logiquement suivre celle des isolants fibreux, c’est à dire une augmentation limitée des épaisseurs. Enfin, ces matériaux sont de par leur nature sensibles aux reprises d’humidité. Les traitements retenus pour leur offrir une résistance normale sont de moins en moins nocifs, mais certains s’éloignent néanmoins de l’image « naturelle » que les fabricants véhiculent auprès des consommateurs. Certains isolants naturels sont titulaires d’une certification ou sur le point d’en obtenir une. Cette procédure est importante, car elle représente le seul moyen de pouvoir les qualifier objectivement sur des bases rationnelles.

 

A RETENIR :

 

Intérêts : Origine animale ou végétale ; confort au toucher et à la pose ; image naturelle

Limites : Prix élevés : performances thermiques quelconques ; sensibilité naturelle à la reprise d’humidité.

 

 

 

 

Ces produits, ont suscité des polémiques au niveau de leurs performances thermiques. Les fabricants travaillent aujourd’hui sur de nouvelles compositions…

 

Lorsque le leader actuel des isolants minces annonce en 1980 qu’il commercialise un produit de 4 cm d’épaisseur qui équivaut à 20 cm de laine de verre, il entre en guerre avec les fabricants d’isolants traditionnels. Vingt six ans plus tard, ces produits sont officiellement et pudiquement catalogués « compléments d’isolation », avec à la clé, des réserves liées au mode de pose. La réalité se situe aujourd’hui à deux niveaux. Réglementairement, leurs performances thermiques ne peuvent pas être comparées à celles des isolants classiques. Cependant, certains fabricants ont mis au point des produits plus élaborés et plus épais, dont les performances ont pu être mesurées avec leur propre méthode de calcul (Référentiel Thermique de Actis). Sur le terrain, les particuliers, mais aussi de nombreuses entreprises ont dépassé le cap de la polémique. Ils voient dans ces systèmes le moyen d’isoler des combles sans perdre trop de volume habitable, et sont de plus globalement convaincus des performances annoncées. Vu sous l’angle de la RT 2005, ces produits dans leur configuration actuelle ne peuvent pas être validés en construction neuve. Néanmoins, certains fabricants travaillent sur de nouvelles compositions, qui mixent isolant réfléchissant et laine minérale. Un tel produit, d’une épaisseur intermédiaire, combinerait les qualités des isolants réfléchissants (encombrement, confort d’été ) avec ceux des laines minérales (performances thermiques). Reste à savoir dans quelles conditions il pourrait être qualifié, et à quel prix il serait commercialisé.

 

A RETENIR :

 

Intérêts : encombrement limité (mise en œuvre,transport) ; Confort d’été

Limites : prix élevé ; performances thermiques discutées ; mise en œuvre spécifique

 

Solution n° 4 : Panneau support de couverture et sarking 

 

Ce sont des produits finis dont les performances thermiques dépendent peu des conditions de mise en œuvre sur chantier. Ils permettent de réaliser en une seule opération le plafond, l’isolation et la sous toiture.

 

Dans les régions de tuiles plates et d’ardoises, on utilise des produits sans liteaux permettant de s’adapter à n’importe quel élément de couverture. Dans les régions de tuiles canal, un système permet même d’assurer directement l’étanchéité du toit ; les tuiles ayant surtout une fonction décorative. Le principe du sarking vise une finalité identique avec une approche différente. Il est lui aussi constitué d’un parement intérieur, d’un isolant et d’une sous toiture, mais ces composants viennent se mettre en place au dessus de la charpente conservée et laissée apparente. Ils peuvent provenir de fabricants différents, ce qui laisse une grande souplesse en fonction du parement souhaité en plafond (plaque de pâtre, lambris… ), du niveau d’isolation requis et du type de toiture retenu. Ces produits paraissent être en phase dans leur définition actuelle avec les contraintes de la RT 2005, tout au plus constatera-t-on un développement des ventes des versions utilisant les isolants les plus performants.

 

PANNEAUX SUPPORTS DE COUVERTURE

 

Intérêts : produit fini et thermiquement performant un seul produit pour assurer la finition du plafond, l'isolation et la sous-toiture ; temps de pose réduit ; qualité de mise en œuvre moins dépendante des aléas de chantier  ; simplification, voire suppression de la charpente

 

Limites : pris d'achat élevé (mais moins de main d'œuvre) ; produits économiquement plus adaptés aux toitures simples (chutes non récupérables) isolation acoustique faible pour les systèmes faisant appel au polyuréthanne et au polystyrène (bruit d'impact de la pluie )

 

SARKING

 

Avantages : idem panneau support ; permet de conserver une ancienne charpente et de la laisser apparente ; ne réduit pas le volume intérieur  ; choix des composants

 

Limites : Nécessite un personnel relativement qualifié et soigneux ; moins diffusé que les panneaux supports de couverture

 

 

"Il est difficile d’aller plus loin"

 

Quels sont les produits les plus performants ?

 

Les mousses polyuréthannes, utilisées en toiture pour certains panneaux supports de couverture affichent les meilleures conductivités thermiques, de l’ordre de 0,020 W/m°C. Les laines minérales, de loin les plus utilisées en isolation de combles, varient de 0,030 à 0,040. Il sera difficile d’aller plus loin, et seuls les isolants sous vide permettraient de réellement passer à la vitesse supérieure, en contrepartie d’un prix et d’une complexité qui ne rend pas cette option aujourd’hui réaliste.

 

Quel avenir auront les isolants naturels et minces ?

 

Les isolants naturels doivent pouvoir s’insérer dans des procédures normales de certification, les seules qui permettent des comparaisons objectives. Il existe des outils rôdés et précis comme l’Atex et l’Atec, sans oublier le classement Acermi qui est devenu une référence pour la plupart des isolants. Enfin, les isolants minces qui présentent par ailleurs des qualités évidentes en terme d’encombrement ne peuvent pas être considérés comme des isolants classiques. La note d’information qui avait été publiée par le CSTB en 2004 est très précise sur ce point : ce sont des compléments d’isolation.

 

*Consultant


  INFOS PRATIQUES Adresses

 

FILMM
Syndicat des principaux fabricants de laines minérales manufacturées 1, rue du Cardinal Mercier 75009 Paris Tél. : 01 49 70 89 60
Saint Gobain Isover Les Miroirs 92096 La Défense Cedex

Tél. : 01 47 62 34 00
 

France Systèmes 386 route de Grenoble La Buisse BP 177 38505 Voiron Cedex

Tél. : 04 76 06 19 19 

Promo PSE
Association assurant la promotion du polystyrène expansé dans la construction 14, rue de la République Immeuble Le Diamant A 92909 Paris-La-Défense Cedex   Tél. : 01 46 53 11 07
Rockwool isolation SA 111 rue du Château des Rentiers 75013 Paris

Tél. : 01 40 77 82 82


 

Nap’tural 94 rte Roche 85210 Sainte Hermine

Tél. : 02 51 28 88 31
 

Knauf 68600 Wolfgantzen

Tél. : 03 89 72 11 12 

Actis Avenue de Catalogne 11300 Limoux Tél. : 04 68 31 31 31 Eternit BP 33 78540 Vernouillet Tél. : 01 36 79 60 60
Ursa France SAS
35, Grande Allée du 12 Février 1934
77 186 Noisiel
Tél. : 01 60 17 77 60
   

Liens utiles

 

CCFAT, Cahiers du CSTB Isolation thermique des combles : Conditions générales de mise en oeuvre des procédés d'isolation thermique de combles Isolation en laine minérale faisant l'objet d'un avis Technique ou d' un Constat de Traditionalité 

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