Chambord : les Français mettent 1 M€ sur la table pour sauver l’aile de François Ier

La campagne de dons lancée par le Domaine national de Chambord vient de franchir le cap du million d’euros. Mais le plus gros du chantier reste à financer : 25 millions d’euros sont encore nécessaires.

Un million d’euros en moins d’un an. C’est le montant atteint par la campagne de financement participatif lancée par le Domaine national de Chambord afin de contribuer à la restauration de l’aile François Ier.

Lors du lancement de l’opération, en septembre 2025, l’objectif était pourtant beaucoup plus modeste : réunir 100 000 euros en une année. Moins de douze mois plus tard, la somme collectée est dix fois supérieure à cette ambition initiale. "Au lancement de cette campagne, nous envisagions de collecter 100 000 euros en une année. Moins d’un an plus tard, la collecte atteint un million d’euros", s’est réjoui auprès de l’AFP Pierre Dubreuil, directeur du Domaine national de Chambord.

Toutefois, le plus gros du chantier reste à financer : 25 millions d’euros sont encore nécessaires.

 

Le château de Chambord fut construit à partir de 1519 à l’initiative de François Ier, qui en fait un symbole de la Renaissance française et un projet complètement démesuré : avec ses 440 pièces, ses 365 cheminées et son célèbre escalier à double révolution, Chambord impressionne par ses dimensions autant que par son architecture. Achevé sous le règne de Louis XIV, il devient au fil des siècles l’un des monuments les plus emblématiques de France. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981, il attire aujourd’hui des centaines de milliers de visiteurs chaque année. © Laure Pophillat

 

 

5 500 donateurs mobilisés

Baptisée "Chambord a besoin de vous", la campagne a été déployée auprès des visiteurs du château, notamment aux entrées du domaine. Son visuel, particulièrement marquant, reprend un portrait de François Ier auquel a été ajoutée une larme de sang. Plus de 5 500 personnes ont participé à la collecte : nous "avons senti que cette campagne touchait le cœur des Français et même au-delà", a précisé Pierre Dubreuil.

La campagne a par ailleurs bénéficié d’un dispositif fiscal prévu par la loi de finances pour 2026. À l’image du mécanisme mis en place pour accompagner la restauration de Notre-Dame de Paris, les dons destinés au chantier peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt portée à 75 %.

 

 

Une aile fermée au public depuis 2019

Derrière l’appel aux dons se trouve surtout une urgence patrimoniale et technique. L’aile François Ier a été aménagée à partir de 1539 afin d’accueillir notamment les appartements particuliers du roi ainsi que la salle du conseil ; elle est toutefois inaccessible au public depuis 2019 en raison de problèmes structurels.

Lors d’un reportage réalisé par l’AFP en mars dernier, les espaces pédagogiques installés au premier étage étaient toujours présents, mais les importantes fissures visibles sur les murs et la présence de gravats au sol témoignaient de l’état préoccupant du bâtiment. L’accès à ces espaces a été interdit en raison du risque lié à la dégradation des structures.

 

La collecte d’un million d’euros ne représente qu’une partie du financement nécessaire au chantier. © Laure Pophillat

 

Au total, 12 millions d’euros ont déjà été réunis afin de permettre de réaliser les premières opérations indispensables à la sauvegarde de l’aile. Cette enveloppe comprend notamment une dotation du ministère de la Culture et permet de financer :

– les travaux de mise en sécurité ;

– Les diagnostics ;

– Et les premières consolidations structurelles.

 

Ces interventions constituent une première étape indispensable pour préserver l’intégrité du monument, mais elles ne suffiront pas à rouvrir l’aile au public.

 

 

Encore 25 millions d’euros pour rouvrir l’aile

Le Domaine national de Chambord doit désormais financer la deuxième phase du chantier. Son montant est estimé à 25 millions d’euros. Cette nouvelle étape doit permettre de poursuivre la restauration et de rendre à nouveau accessibles aux visiteurs les espaces de l’aile François Ier. Le défi financier reste donc considérable car après avoir dépassé en quelques mois un objectif initial de 100 000 euros, Chambord doit désormais poursuivre la mobilisation afin de réunir plusieurs dizaines de millions d’euros.

 

Le chantier de Chambord rappelle que derrière les monuments les plus emblématiques du patrimoine français se cachent aussi des opérations lourdes de conservation, de consolidation et de restauration, avec des coûts à la hauteur de leur histoire. © Laure Pophillat



Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © Laure Pophillat

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