Blocs isolants : de l’isolation répartie à l’isolation intégrée

Allier isolation et structure, c?est ce que propose la nouvelle génération de modes constructifs monomurs ou blocs coffrants isolants.

En phase avec les exigences de la RT 2012, ces systèmes complets restent encore très marginaux. Les blocs à maçonner à isolation répartie font aujourd’hui partie du paysage, pour tout type de constructions : maisons individuelles, logements collectifs, chais, bâtiments industriels…

 

Il s’agit de systèmes constructifs complets conçus dans n’importe quel type de matériau, brique, béton cellulaire, blocs béton à base d’agrégats de bois ou de pierre ponce. Dans ces systèmes, dits monomurs, le mur est à la fois porteur et isolant, sans adjonction de doublage intérieur ou extérieur.

 

Pour autant, leur performance ­d’isolation est parfois limite pour répondre à la réglementation thermique, d’autant plus que celle-ci va encore se renforcer. Deux options s’offrent alors aux industriels : augmenter l’épaisseur de leur produit avec, pour conséquence, des contraintes de poids et de manutention, ou y adjoindre un isolant pour en renforcer les propriétés.

 

C’est cette deuxième solution que de nombreux fabricants ont préférée. L’idée étant de renforcer les propriétés isolantes et/ou de proposer un système que l’on pourrait assimiler à de l’isolation par l’extérieur sans augmenter les épaisseurs du mur. Par exemple avec des blocs à bancher en bois/ciment, ou des blocs béton associés à un isolant en face extérieure pour les système orienté ITE.

 

Blocs hybrides

 

De leur côté, les blocs à isolation répartie se font hybrides, le plus souvent en intégrant un isolant (polystyrène expansé, laine de roche, perlite, laine de bois) dans les alvéoles. Ainsi les performances thermiques des produits atteignent des lambdas plus élevés.

 

En théorie, ces produits deux-en-un assurent la totalité des besoins en isolation du gros œu­vre. En pratique, certains ne peuvent pas toujours se dispenser de la présence d’un isolant complémentaire, notamment des blocs béton de 20 dont les alvéoles sont remplies de PSE.

 

Cependant, ils permettent de renforcer significativement les performances thermiques des parois à épaisseur égale.

 

Isolation répartie

 

Les produits monomurs, malgré l’intégration d’un isolant, répondent encore aux critères de l’isolation dite répartie, par opposition à l’isolation dite rapportée. Critères au nombre de quatre : l’isolation thermique –capacité d’isolation de la structure du matériau utilisé pour isoler une habitation– la résistance thermique –capacité d’un matériau à résister à l’évasion des calories vers le côté le plus froid de la construction– l’inertie thermique –capacité d’un matériau à emmagasiner la chaleur et à la restituer (déphasage)– et l’hydrorégulation.

 

Facilité de pose

 

Le surcoût est difficile à estimer par rapport aux constructions plus classiques avec isolation rapportée ou monomur. D’autant plus que ces produits, proposés en véritables systèmes, sont très marginaux (moins de 1% du marché).

 

Néanmoins, les fabricants assurent en chœur que le surcoût est largement compensé par les économies d’énergie réa­lisées. De plus, les gains ne seraient pas uniquement d’ordre économique pour les occupants des logements, ils le sont aussi pour les entreprises.

 

En effet, la mise en œuvre s’avère plus rapide et facile : réduction des déchets, matériaux plus légers, façonnage rendu aisé avec un outillage spécifique ou encore technique de pose à joints minces collés.

 

Vigilance de mise en œuvre


Ces systèmes répondent aux exigences de la réglementation thermique, notamment en termes d’étanchéité et de traitement des ponts thermiques. A condition de bien maîtriser leur mise en œuvre. Outre la pose d’un premier rang parfait, il faut veiller à utiliser à bon escient les accessoires, comme les blocs poteaux, les linteaux, les blocs tableaux…

 

Ceux-ci permettent de bien traiter les points singuliers et de réaliser une construction homogène sans pont thermique. Attention aussi au trio bloc/mortier-colle/outil de pose : chaque bloc nécessite un mortier et un outil spécifiques ; il est donc indispensable de se référer aux Avis techniques des produits. La question du contact avec l’eau est essentielle.

 

Certains blocs isolants ne sont pas adaptés à une mise en œuvre en soubassement ou partie enterrée car trop soumis à l’humidité. Le futur DTU 20.1, actuellement en révision, devrait intégrer une catégorisation des matériaux en fonction du type d’ouvrage à réaliser. En attendant, n’hésitez pas à consulter les règles Rage “maçonneries isolantes”.

 

Isolation, inertie et étanchéité


En phase avec les exigences thermiques les plus sévères, ces systèmes répondent à trois points désormais essentiels à toute construction : isolation, inertie et étanchéité à l’air. Ce sont à la fois les propriétés isolantes des blocs et la limitation, voire la suppression, des ponts thermiques aux points sensibles de la maçonnerie (plancher intermédiaire, liaison mur extérieur/refend, angles…), qui leur confèrent ces performances.

 

Solution 1 : Blocs coffrants isolants bois-ciment

 

 

©Xelis

 

En alliant bois et ciment, isolants et béton, ces systèmes assurent la réalisation de parois isolantes exemptes de ponts thermiques et étanches à l’air.

 

Ces blocs en béton de bois à bancher (coffrage perdu), à isolation extérieure intégrée, allient les performances thermiques et phoniques du bois et la résistance mécanique du béton. En général composés à 80% de copeaux de bois (rebuts de scierie) et 20% de ciment, ils sont proposés avec un isolant intégré –PSE blanc, PSE graphité ou laine de roche.

 

Dépoussiérés et minéralisés, ils sont liés sous pression avec le ciment. De cette alliance résulte un matériau léger, durable, avec une structure à pores ouverts, d’où des propriétés de régulation d’humidité, d’imputrescibilité, de tenue au feu et une bonne capacité d’isolation acoustique.

 

Originaire d’Outre-Rhin, ce procédé avait été créé à l’origine pour répondre aux impératifs de fort pouvoir d’absorption phonique, comme les murs antibruit d’autoroute. Il s’avère en fait utilisable dans n’importe quel type de constructions –maison individuelle et logement collectif– pour la réalisation de murs à la fois porteurs et isolants, sans adjonction de doublage intérieur ou extérieur.

 

La mise en œuvre s’apparente à celle d’un bloc classique, mais avec un montage à sec. Le premier rang est mis en place sur une arase, avec réglage de niveau dans les deux sens. Les rangs suivants sont montés à sec en alternant les joints. Les armatures sont mises en place à l’avancement. Le bétonnage est, lui, réalisé par hauteur d’étage.

 

Intérêts :

isolation continue sans pont thermique. Etanchéité à l’air. Forte inertie

Limites :

obligation de couler un béton

 

Solution 2 : Blocs à isolation intégrée

 

 

©Wienerberger

 

Cette famille de blocs regroupe un ensemble hétéroclite de matériaux connus : tous ont en commun de se voir adjoindre un isolant pour en augmenter
les performances thermiques.

 

Dans le cas de la brique, du béton cellulaire et de certains blocs classiques, l’isolant –en général en laine de roche, polystyrène et parfois en perlite– vient remplir les alvéoles des produits, ce qui augmente considérablement les performances thermiques.

 

Il s’agit là de monomurs à isolation répartie que l’on pourrait qualifier de monomurs à isolation renforcée. C’est aussi des blocs béton de 20, dont les performances ainsi améliorées permettent de limiter les épaisseurs d’isolant lorsqu’il y a isolation rapportée.

 

La deuxième catégorie de blocs, si elle possède les mêmes propriétés de portance et d’isolation, s’apparente davantage à de l’isolation par l’extérieur qu’à de l’isolation répartie. Cependant, il s’agit bien de blocs constructifs 2 en 1.

 

Ici l’isolation est assurée, dans la majorité des cas, par un isolant polystyrène expansé plus ou moins épais. Ce dernier peut être, au choix, pris en sandwich entre deux blocs agglomérés. Dans ce cas, les deux blocs en béton sont reliés mécaniquement par l’isolant ; liaison réalisée via des tenons en queue d’aronde.

 

Autre choix, l’isolant est associé au bloc, toujours par un jeu de queue d’aronde, pour assurer un support direct au revêtement final, type enduit ou bardage. La mise en œuvre de l’ensemble de ces systèmes est réalisée à joints minces conformément au DTU 20-1.

 

Intérêts :

isolation et structure en même temps. Inertie. Limitation des épaisseurs de mur

Limites :

coûts

 

 

Source : batirama.com / Stéphane Miget

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