Vols d’engins de chantier : face aux réseaux, la profession mise sur la coopération

Des mini-pelles interceptées en Allemagne aux engins retrouvés en Belgique, plusieurs opérations récentes montrent l’efficacité de la coopération entre professionnels et forces de l’ordre. DLR veut aller plus loin.

Les vols et escroqueries visant les matériels de construction et de manutention ne constituent plus seulement une succession de faits divers touchant ponctuellement les entreprises du secteur. Derrière certaines affaires se dessinent des réseaux structurés, capables de déplacer rapidement des machines d’un pays à l’autre comme de multiplier les infractions, obligeant les professionnels à renforcer leurs échanges avec les services d’enquête. C’est dans cette logique que DLR, qui fédère les acteurs de la distribution, de la location et de la maintenance des matériels de construction et de manutention, développe depuis plusieurs années une mobilisation collective autour de sa commission "Halte aux vols".

Les exemples présentés par la Fédération donnent une idée de l’efficacité que peut produire cette coopération lorsqu’elle fonctionne à plein régime : des matériels récupérés en quelques heures en Belgique, cinq mini-pelles interceptées en Allemagne ou encore trois engins représentant une valeur de 200 000 euros retrouvés en l’espace d’un week-end. À ces opérations rapides s’ajoutent des enquêtes plus longues, ayant permis plusieurs interpellations et surtout de mettre en évidence des réseaux susceptibles d’être responsables de dizaines de faits.

Au-delà de ces résultats, le constat dressé par DLR est clair : dans un secteur où les matériels peuvent être volés puis déplacés très rapidement, la circulation de l’information entre les entreprises et les forces de l’ordre constitue l’un des principaux leviers afin d'améliorer les chances de retrouver les machines et remonter jusqu’aux auteurs.

 

 

Une chaîne d’acteurs où chacun a son rôle

La commission "Halte aux vols" ne se limite donc pas à intervenir une fois le matériel disparu. Son rôle consiste également à travailler en amont, en sensibilisant les entreprises aux risques, en recensant les vols, les fraudes et les tentatives d’escroquerie, mais aussi en recueillant les retours d’expérience afin d’identifier les modes opératoires et de mieux documenter un phénomène dont l’ampleur reste difficile à appréhender dans sa globalité.

Cette dimension du travail est essentielle : pris isolément, un vol peut apparaître comme un événement circonscrit à une entreprise et à un territoire, alors que le rapprochement de plusieurs signalements peut faire émerger une même méthode, un même circuit ou des pratiques communes entre plusieurs affaires. "Chaque vol compte, chaque signalement aussi", résume la Fédération.

Cette organisation repose sur une répartition précise des responsabilités. Les entreprises constituent le premier maillon de la chaîne en faisant remonter les informations dont elles disposent ; DLR les centralise et les structure, tout en assurant un travail de sensibilisation auprès de la profession et en portant la réalité du phénomène auprès des interlocuteurs concernés. Les membres de la commission "Halte aux vols" apportent, quant à eux, leur connaissance du terrain et leur expérience des matériels comme des pratiques professionnelles afin de faire évoluer les dispositifs mis en place. Son président, Joël Fruchart, assure notamment le lien opérationnel avec les interlocuteurs des forces de l’ordre.

 

La Fédération ne se substitue pas aux forces de l’ordre : enquêtes, interpellations et interventions restent du ressort exclusif de la police et de la gendarmerie. Son rôle consiste surtout à faciliter la transmission d’informations aux services spécialisés et à améliorer les échanges avec un secteur qui connaît précisément les engins recherchés, leurs caractéristiques et leurs circuits d’utilisation. © IA / Laure Pophillat

 

Cette coopération prend également une dimension européenne. Les opérations menées en Belgique ou en Allemagne montrent en effet que la lutte contre le vol de matériels professionnels ne peut plus être pensée uniquement à l’échelle nationale, les machines pouvant franchir les frontières en quelques heures. DLR cite ainsi parmi les services et partenaires mobilisés :

– le Plateau d’investigation véhicule (PIV) ;

– l’Unité nationale de Police judiciaire de la Gendarmerie nationale (UNPJ-GN) ;

– L’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) ;

– Ainsi que l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) de la Direction nationale de la Police judiciaire (DNPJ).

 

Les sections de recherche, les services territoriaux et différents partenaires européens participent également à cette lutte.

 

 

DLR, un réseau de plus de 1 000 entreprises

Cette mobilisation s’inscrit plus largement dans les missions de DLR. La Fédération représente les entreprises intervenant dans la distribution, la location et la maintenance des matériels de construction et de manutention, un secteur qui occupe une position stratégique dans la chaîne du BTP puisque ces entreprises assurent à la fois la commercialisation des équipements, leur mise à disposition et leur maintenance.

Avec plus de 1 000 adhérents, DLR revendique environ 70 % du marché et s’appuie également sur plusieurs syndicats affiliés, dont l’ACiM, la FNAR et l’UFL. Sa vocation dépasse ainsi la seule représentation des intérêts économiques de ses membres : la Fédération cherche également à favoriser les échanges entre professionnels, à défendre leurs intérêts auprès des pouvoirs publics et à contribuer à l’amélioration de la compétitivité des entreprises du secteur.

La lutte contre les vols et les escroqueries s’inscrit dans cette logique de mise en réseau. En permettant aux professionnels de partager leurs expériences et en organisant le dialogue avec les services spécialisés, DLR cherche à transformer des signalements dispersés en une connaissance collective du phénomène.

 

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Source : batirama.com / Laure Pophillat / © IA / Laure Pophillat

 

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