En casque et baudrier sur une éolienne, Raphaël Glucksmann lance sa campagne et promet 100 jours de "révolution écologique", avec la rénovation des bâtiments au cœur du programme.
Casque sur la tête, baudrier accroché et… 80 mètres de vide sous les pieds. Pour lancer sa campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann a choisi de prendre de la hauteur. Le candidat s’est hissé au sommet d’une éolienne en Charente-Maritime, avec Yannick Jadot à ses côtés.
Et qu’a-t-il donc vu, perché là-haut ? La révolution écologique, et en cent jours seulement ! Il fallait au moins prendre un peu de hauteur pour l’apercevoir.
"C’est fini les zigzags !"
Pour son premier déplacement de campagne depuis l’officialisation de sa candidature à la présidentielle de 2027, Raphaël Glucksmann n’a pas choisi un chantier, une usine ou une école. Il a choisi une éolienne. Le candidat de Place publique s’est rendu dans le parc éolien d’Aunis – parc éolien de la société Valorem –, à Saint-Jean-de-Liversay, en Charente-Maritime, accompagné du sénateur écologiste Yannick Jadot, qui vient de lui apporter son soutien. Équipé d’un casque et d’un baudrier, il a grimpé au sommet d’une machine de quelque 80 mètres.
En cas de victoire, Glucksmann promet de lancer dès les premiers mois de son mandat ". Il entend ainsi sortir progressivement la France de sa dépendance au gaz et au pétrole, tout en accélérant le développement des énergies renouvelables. La lutte contre le changement climatique doit également devenir le fil rouge de l’ensemble des politiques publiques.
"La transformation écologique est l'axe majeur de notre projet. Dès notre victoire, nous engagerons les 100 jours de la révolution écologique", a annoncé Raphaël Glucksmann, ici en photo, devant la presse.Ces 100 jours vont "libérer la France" de "son addiction au gaz et au pétrole", "vont lui redonner sa souveraineté, vont faire de la lutte contre le réchauffement climatique l'alpha et l'oméga des politiques publiques", a-t-il martelé, regrettant qu'Emmanuel Macron n'ait "pas voulu et pas su engager ces transformations ces dix dernières années". © Jean-Christophe Sounalet / SO
"C’est fini les zigzags !", a notamment lancé le candidat, reprochant à Emmanuel Macron de ne pas avoir engagé suffisamment rapidement ces transformations.
Et le bâtiment dans tout ça ?
Le secteur du BTP est directement concerné par cette "révolution", puisque Glucksmann cite notamment la rénovation thermique des bâtiments parmi les chantiers prioritaires. Le candidat défend des "efforts massifs" en matière de rénovation, mais aussi une accélération de l’efficacité énergétique et de l’électrification. Un programme qui pourrait donc avoir des conséquences importantes pour les entreprises du bâtiment, les artisans et l’ensemble de la filière de la rénovation énergétique.
La logique affichée est limpide. Réduire la consommation d’énergies fossiles ne passerait pas seulement par le développement de l’électricité renouvelable, mais aussi par une transformation en profondeur du parc immobilier. Autrement dit, il faudrait consommer moins de gaz et de pétrole, tout en lançant davantage de travaux de rénovation.
Un point de désaccord : le nucléaire
L'eurodéputé s'est dit "particulièrement honoré" du soutien de Yannick Jadot, qui a annoncé son ralliement lundi et sera chargé de préparer la mise en place d'un "état d'urgence écologique" dans son programme.Les deux hommes ont de nombreux points d'entente, a-t-il insisté. Ils sont "d'accord sur l'urgence absolue qui est la sortie du gaz et du pétrole, sur les efforts massifs qui doivent être faits en matière de rénovation thermique des bâtiments, d'efficacité énergétique, de transport électrique, de sobriété".
"On est d'accord sur le fait que la France est en retard sur le développement des renouvelables. Et on est d'accord que l'objectif, c'est la décarbonation de l'économie", a-t-il égrené.Mais "on ne va pas se cacher les choses", a-t-il reconnu. Il y a un point "qui reste à discuter": "la question des nouveaux réacteurs nucléaires". Raphaël Glucksmann estime qu'il faut développer de nouveaux EPR, contrairement à Yannick Jadot. "On va trouver une solution et d'ici un mois, un mois et demi, on présentera les cent jours de la révolution écologique", a poursuivi Raphaël Glucksmann."On est d'accord sur le fait qu'il faut sécuriser, maintenir en état et former des compétences sur le parc nucléaire existant", a expliqué M. Jadot. "Et on va travailler à construire des scénarios qui nous permettront de trouver un accord sur le besoin ou pas de nouveaux réacteurs nucléaires d'ici la mi-temps du siècle", a-t-il abondé
Pour Raphaël Glucksmann, l'enjeu dépasse d'ailleurs largement la seule question climatique. Il présente sa révolution écologique comme une "révolution industrielle", avec une ambition de réindustrialisation française et européenne en réduisant notamment la dépendance à la Chine pour certaines productions stratégiques, comme les panneaux photovoltaïques.
Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / ©