EPR2 de Gravelines : EDF obtient le feu vert pour préparer le chantier

Terrassements, renforcement des sols et premiers travaux de génie civil peuvent désormais commencer, sans que la construction des réacteurs soit encore autorisée.

Une nouvelle étape vient d’être franchie pour le programme de relance du nucléaire français. Un décret publié au Journal officiel donne à EDF l’autorisation environnementale nécessaire afin d'engager les travaux préparatoires des deux futurs réacteurs EPR2 prévus sur le site de Gravelines, dans le Nord.

Cette décision permet à l’énergéticien de commencer à transformer le site pour accueillir l’un des plus grands chantiers industriels à venir en France. Elle ne vaut toutefois pas autorisation de construire les deux réacteurs.

 

 

Terrassements, renforcement des sols et premiers travaux de génie civil

Les opérations autorisées concernent une série de travaux destinés à préparer l’implantation des futures unités de production. EDF pourra notamment :

– engager la viabilisation des plateformes ;

– Créer les installations de chantier ;

– Et, enfin, relocaliser le terminal ferroviaire du Centre nucléaire de production d’électricité de Gravelines.

 

Le programme comprend également d’importants travaux de terrassement comme de préparation du terrain. Une enceinte étanche doit notamment être réalisée sous l’emprise des futurs bâtiments du bloc usine, accompagnée d’opérations de renforcement des sols et des premiers travaux de génie civil. Le décret autorise aussi la création du chenal d’amenée nécessaire au projet. "Ce décret permet à EDF d’engager progressivement les premières opérations destinées à préparer le site à l’accueil du futur chantier", a indiqué le groupe à l’AFP.

Les travaux concerneront principalement les communes de Gravelines et de Loon-Plage. Un parking éloigné du site est également prévu sur les communes de Craywick et de Bourbourg.

 

Vue aérienne du site nucléaire de Gravelines, où EDF prévoit la construction de deux réacteurs EPR2. Les travaux préparatoires doivent notamment permettre d’aménager et de renforcer les terrains destinés à accueillir le futur chantier. © EDF

 

 

Ce que le feu vert permet… et ce qu’il ne permet pas encore

 

Pas encore le feu vert pour construire les réacteurs

L’autorisation délivrée par le gouvernement constitue une avancée importante, mais elle ne permet pas encore de lancer la construction des deux EPR2, EDF précisant que le décret "ne constitue pas l’autorisation de création des deux réacteurs EPR2". Il ne permet pas non plus d’engager la construction des bâtiments destinés à accueillir des matières nucléaires ou des équipements nécessaires à la sûreté nucléaire. La nuance est importante : le chantier peut donc commencer à préparer le terrain, mais les ouvrages nucléaires proprement dits restent soumis à une autorisation distincte.

 

 

Un chantier sous surveillance environnementale

L’autorisation environnementale encadre également les conditions dans lesquelles ces travaux devront être réalisés. Le texte prévoit notamment des prescriptions concernant la gestion de l’eau, la protection des espèces et des habitats naturels, ainsi que la maîtrise des nuisances liées au chantier. Des opérations de relocalisation de la faune et de la flore protégées sont prévues, à des périodes jugées favorables. Un nouveau centre d’information du public doit également être créé.

EDF indique par ailleurs que des suivis environnementaux seront réalisés pendant toute la durée des travaux, sous le contrôle des services compétents de l’État.

 

 

Deux EPR2 de 1 600 MW sur un site déjà nucléaire

Le projet prévoit la construction de deux réacteurs EPR2 de 1 600 MW chacun, à proximité de la centrale existante de Gravelines, qui compte déjà six réacteurs de 900 MW. L’enjeu dépasse largement le seul site nucléaire car le territoire dunkerquois concentre de nombreuses activités industrielles fortement consommatrices d’énergie et engagées dans des trajectoires de décarbonation. Les deux futurs réacteurs doivent ainsi contribuer à renforcer les capacités de production électrique bas carbone dans une région appelée à voir ses besoins industriels augmenter.

 

 

Le projet s’inscrit dans le programme annoncé par Emmanuel Macron en février 2022, qui prévoit la construction de six nouveaux réacteurs EPR2, avec une option pour huit unités supplémentaires. Les trois premières paires doivent être implantées à Penly, en Seine-Maritime, à Gravelines et au Bugey, dans l’Ain. La première paire, prévue à Penly, vise une mise en service à l’horizon 2038. Pour l’ensemble du programme des six EPR2, la décision finale d’investissement doit intervenir d’ici à la fin de l’année 2026.



Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © IA / Laure Pophillat

 

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