Norme tableau électrique : ce qu'impose la série NF C 15-100

Norme tableau électrique : composition, dimensionnement et version applicable Que dit la norme du tableau électrique, et que doit contenir un tableau de répartition pour être conforme ?

Depuis la nouvelle version de la NF C 15-100 publiée par l'AFNOR le 23 août 2024, le document unique de 2002 et ses amendements ont cédé la place à une série de 21 textes. Le fond des exigences reste stable, mais leur emplacement dans le corpus a bougé et l'attestation de conformité doit mentionner la version appliquée.

 

 

Point Exigence Statut et périmètre
Texte de référence Série NF C 15-100 du 23 août 2024 Règles du tableau en partie 10
Protections différentielles 2 minimum en 30 mA, dont un de type A

Obligatoire, tout logement

Circuits par différentiel 8 au maximum Obligatoire, répartition sur 2 dispositifs
Réserve d'emplacements 20 % en individuel, 6 modules en collectif Obligatoire, valeur selon le périmètre
Parafoudre Paratonnerre, ligne aérienne nue, zone AQ2 Conditionnel
DPDA Circuits prises des lieux critiques, limite 63 A

Recommandé, non obligatoire en logement

Hauteur des organes de manœuvre 0,90 m à 1,80 m du sol fini Obligatoire, 0,50 m si coffret à porte
Version applicable Date de dépôt du permis de construire Série 2024 non encore reprise en réglementation
 


Ce que la refonte change pour le tableau

La partie 1 porte les exigences communes à toutes les installations, la partie 10 les règles propres au tableau des bâtiments d'habitation, la partie 11 les réseaux de communication, qui n'ont donc pas quitté le corpus.

Une distinction s'impose ici, et elle est régulièrement escamotée. Depuis septembre 2025, la série s'applique aux installations neuves, aux modifications et aux parties existantes affectées par ces travaux. Mais l'AFNOR précise qu'elle ne revêt pas la qualification de norme d'application obligatoire : la version 2024 n'est pas encore reprise dans la réglementation. Elle est la référence technique de l'état de l'art, et c'est à ce titre qu'elle engage la responsabilité de l'entreprise.


Les normes du tableau électrique : la composition minimale

Le nombre de rangées et de modules découle du décompte des départs, et l'écart est considérable entre un T2 et une maison individuelle équipée. Un tableau électrique adapté se détermine à partir du bilan de puissance et de ce décompte, réserve comprise, jamais à partir du coffret disponible en stock : une rangée ajoutée en cours de chantier coûte systématiquement plus cher que la rangée prévue à l'étude.

Coupure d'urgence

L'installation doit pouvoir être mise hors tension d'un seul geste, depuis l'intérieur du logement et sans outil. En raccordement à puissance limitée, cette fonction est portée par le disjoncteur de branchement. La partie 10 précise que tout local indépendant à usage d'habitation comprenant plusieurs pièces dispose de son propre dispositif : si le disjoncteur de branchement est en limite de propriété ou dans un local commun, un dispositif complémentaire s'impose.

Différentiels : nombre, répartition et types

Tous les circuits terminaux sont protégés en 30 mA, avec deux dispositifs au minimum par logement et huit circuits au maximum par dispositif. Les circuits d'éclairage comme ceux de prises se répartissent sur au moins deux dispositifs distincts, de manière qu'un déclenchement ne prive pas le logement de tout éclairage ou de toute alimentation.

La partie 10 impose le type A sur les circuits générant des courants de défaut à composante continue, plaque de cuisson et lave-linge. Les circuits classiques peuvent rester en type AC. C'est sur les types F et B que la révision apporte le changement le plus concret : le type F est désormais exigé en tête des circuits alimentant des équipements à variateur de vitesse monophasé, pompe à chaleur, climatisation, pompe de piscine, prise renforcée. Pour les mêmes applications en triphasé, c'est le type B qui est exigé.

Les infrastructures de recharge relèvent de la partie 7-722 : un circuit dédié par prise ou par borne, avec son propre DDR 30 mA sans regroupement possible, de type A ou F en monophasé et de type B en triphasé, ce dernier pouvant être remplacé par un type A ou F associé à un dispositif de coupure à 6 mA.

Dimensionner le différentiel : 40 A ou 63 A

Le calibre ne se déduit pas du contenu apparent de la rangée, il résulte d'un calcul. La règle de l'aval somme les calibres des disjoncteurs placés en dessous, en pondérant : chauffage, chauffe-eau et recharge de véhicule comptent pour la totalité de leur calibre, les autres circuits pour la moitié. La règle de l'amont part du courant assigné de l'appareil général de commande et de protection ; elle a été modifiée par la révision, au tableau 10-1G de la partie 10, pour tenir compte des sources additionnelles. Une production locale impose donc de reprendre le calcul.

Un disjoncteur par circuit

Le calibre se détermine à partir du type de circuit, de la puissance de la charge et de la section des conducteurs, la section fixant l'intensité maximale admissible que la protection ne doit jamais dépasser.

 

Circuit Section Calibre
Éclairage 1,5 mm² 10 A ou 16 A
Prises de confort 1,5 ou 2,5 mm² 16 A ou 20 A
Four, lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge 2,5 mm² 20 A
Plaque de cuisson 6 mm² 32 A
VMC 1,5 mm² 2 A
Commande du contacteur jour/nuit 1,5 mm² 2 A, circuit de puissance en 20 A

 

La norme impose au moins trois circuits spécialisés en 20 A en plus du circuit de cuisson, chacun dédié à un seul appareil. Une adaptation existe pour les petits logements : dans un studio livré sans équipement, le minimum descend à trois circuits spécialisés au total, dont un en 32 A.

Les dispositifs de protection contre les défauts d'arc entrent dans le texte par la partie 1, article 4-42, dans la limite de 63 A. Ils sont recommandés, sans être obligatoires en logement, sur les circuits prises des lieux critiques et sur les circuits alimentés en permanence difficilement accessibles.

 

Terre, repérage et parafoudre

La borne principale de terre reçoit le conducteur de terre, le conducteur principal de protection et les liaisons équipotentielles, et reste accessible. Ne pas la confondre avec la barrette de coupure, organe distinct qui isole la prise de terre pour en mesurer la résistance : elle se démonte à l'outil et ne doit jamais être condamnée par un habillage. Le repérage identifie chaque départ sans ouvrir le tableau, et le schéma est remis à l'utilisateur comme pièce contractuelle.

Le parafoudre relève de la partie 443. Il est obligatoire lorsque le bâtiment est équipé d'un paratonnerre, lorsque l'installation est alimentée par une ligne aérienne à conducteurs nus en zone AQ2, et sur l'installation de communication cuivre dès lors que le tableau basse tension en est équipé. Il est recommandé dans plusieurs autres configurations, notamment à proximité immédiate d'un bâtiment protégé par paratonnerre.

 

Réserve, emplacement et GTL

La partie 10 impose une réserve d'emplacements permettant l'évolution de l'installation. La valeur dépend du périmètre : 20 % de la capacité en logement individuel, six modules libres au minimum en collectif, de préférence répartis en extrémité de chaque rangée. Sur trois rangées de treize modules, cela représente huit emplacements à conserver. C'est le point le plus souvent négligé au chiffrage, parce qu'il conduit à passer d'un coffret de deux rangées à un coffret de trois. La capacité par rangée figure au catalogue des distributeurs spécialisés, 123elec parmi d'autres ; la règle de réserve, elle, se lit dans la norme.
L'axe des organes de manœuvre se situe entre 0,90 m et 1,80 m du sol fini, hauteur minimale abaissée à 0,50 m lorsque le coffret est fermé par une porte. Le tableau s'inscrit dans la gaine technique du logement, laquelle regroupe tableau de répartition, tableau de communication, disjoncteur de branchement le cas échéant et deux socles 16 A. L'espace technique qui l'accueille mesure au minimum 600 mm de largeur et 250 mm de profondeur, sur toute la hauteur du sol au plafond.

 

Rénovation, version applicable et Consuel

Une norme n'est pas rétroactive : une installation conçue sous une édition antérieure ne devient pas non conforme du fait d'une nouvelle publication. La bascule s'opère par partie modifiée, si bien qu'un remplacement de tableau entraîne l'application de la série 2024 à l'ensemble des protections, même si le câblage aval n'est pas touché.

La date à retenir n'est pas celle des travaux. Le texte renvoie à la date de dépôt de la demande de permis de construire, à défaut à celle de la déclaration préalable, à défaut à celle de la signature du marché. Les guides des fabricants ne présentent pas toujours ces critères dans le même ordre, ce qui invite à sécuriser le point dès la contractualisation. Conséquence opérationnelle : les attestations de conformité doivent préciser explicitement la version appliquée, faute de quoi le dossier s'expose au rejet.

 

Questions fréquentes

Quelle est la norme du tableau électrique ?

La série NF C 15-100 publiée le 23 août 2024. Les exigences propres au tableau d'un logement figurent dans la partie 10, les exigences communes à toutes les installations dans la partie 1.

Quelles sont les nouvelles normes pour les tableaux électriques ?

La NF C 15-100 est devenue une série de 21 textes, applicable depuis septembre 2025 aux installations neuves, aux modifications et aux parties existantes affectées. L'AFNOR précise qu'elle n'a pas encore le statut de norme d'application obligatoire. Sur le tableau, le changement le plus concret est l'exigence d'un différentiel de type F en tête des circuits à variateur de vitesse monophasé.

Qu'est-ce qui est obligatoire dans un tableau électrique ?

Un dispositif de coupure d'urgence accessible, au minimum deux différentiels 30 mA dont un de type A, un disjoncteur par circuit, le repérage des départs, le schéma remis avec l'ouvrage et une réserve d'emplacements, fixée à 20 % en logement individuel et à six modules en collectif.


Comment savoir si un tableau électrique est aux normes ?

En vérifiant la présence des protections différentielles et leur type, le calibre des disjoncteurs au regard des sections, le repérage des circuits, la réserve disponible et l'accessibilité de la coupure d'urgence. Attention à ne pas confondre deux questions : une installation ancienne n'est pas soumise rétroactivement à l'édition en vigueur, mais elle peut présenter des anomalies au diagnostic de l'état de l'installation intérieure.


Quelle version de la norme s'applique à mon chantier ?

Celle en vigueur à la date de dépôt de la demande de permis de construire, à défaut à la date de déclaration préalable, à défaut à la date de signature du marché. Ce n'est pas la date d'exécution des travaux qui fait foi.
 


Source : batirama.com / 123Elec

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