L'IA entre dans les agences d'architecture : l'Ordre fixe ses "10 commandements"

L'intelligence artificielle s'invite désormais dans le quotidien des architectes et, pour éviter les dérives, le CNOA publie un rapport assorti de dix recommandations destinées à encadrer son utilisation.

L'intelligence artificielle s'invite désormais dans le quotidien des architectes, de la gestion administrative jusqu'à la conception des projets. Afin d'éviter les dérives, le Conseil national de l'Ordre des architectes publie un rapport assorti de dix recommandations destinées à encadrer son utilisation.

Ce nouveau document rejoint la collection des rapports publiés par le Conseil national de l'Ordre des architectes, consacrés aux grandes évolutions du secteur. Parmi les précédentes publications figurent notamment des propositions sur la réhabilitation du parc bâti, l'adaptation aux risques majeurs ou encore la création d'un permis de construire unique.

 

 

L'architecte demeure seul responsable

L'intelligence artificielle s'impose progressivement dans les agences d'architecture, et cette évolution, porteuse de gains de productivité comme de nouvelles possibilités créatives, soulève toutefois des questions juridiques, éthiques et déontologiques. C'est dans ce contexte que le CNOA (Conseil national de l'Ordre des architectes) publie un rapport intitulé : concilier opportunités et déontologie, destiné à accompagner les professionnels dans l'adoption de ces technologies.

Le document rappelle un principe fondamental, celui que l'intelligence artificielle n'est qu'un outil et ne peut en aucun cas se substituer au jugement de l'architecte. En conséquence, celui-ci demeure pleinement responsable des décisions prises, des documents produits et des projets réalisés, même lorsqu'ils ont été élaborés avec l'assistance d'une IA. "L'intelligence artificielle est un levier d'innovation pour les agences d'architecture, mais elle suppose un cadre clair : l'architecte reste responsable, et la déontologie doit guider chaque usage", souligne Christophe Millet, le président du Conseil national de l'Ordre des architectes.

 

 

Dix recommandations pour éviter les dérives

Plutôt que de créer de nouvelles règles, le CNOA propose une relecture du Code de déontologie de la profession à l'aune de l'intelligence artificielle. Le rapport se traduit ainsi par dix recommandations, présentées comme de véritables "commandements", afin d'aider les agences à utiliser ces outils avec discernement. L'Ordre insiste notamment sur plusieurs principes essentiels :

–garantir la transparence de l'utilisation de l'IA auprès des maîtres d'ouvrage ;

– Préserver l'originalité des créations architecturales ;

– Respecter les règles relatives à la propriété intellectuelle ;

– Protéger les données sensibles et assurer leur confidentialité ;

– Conserver en permanence la maîtrise des décisions prises grâce à l'outil.

 

Pour le CNOA, l'automatisation de certaines tâches ne doit jamais se faire au détriment du contrôle exercé par l'architecte.

 

 

Choisir ses outils avec discernement

Au-delà des aspects réglementaires, le rapport invite également les agences à adopter une véritable stratégie autour de l'intelligence artificielle. Le choix des solutions utilisées, la formation des équipes, la compréhension du fonctionnement des modèles et l'encadrement des usages apparaissent comme autant de conditions indispensables pour tirer parti de ces technologies sans compromettre les obligations professionnelles des architectes.

Autrement dit, si l'intelligence artificielle peut accélérer certaines tâches ou enrichir la phase de conception, elle ne dispense ni d'esprit critique, ni de compétences techniques, ni du respect des règles déontologiques qui encadrent la profession.



Source : batirama.com / Laure Pophillat / © Laure Pophillat / IA

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