Planchers béton : des solution hight-tech

Les systèmes planchers, entrevous et poutrelles, dalles alvéolées et prédalles, assurent des fonctions d?isolation thermique, acoustique ou coupe-feu.

Les planchers –prédalles, dalles alvéolées ou poutrelles hourdis– se retrouvent à tous les étages ­d’une construction. Que ce soit pour la maison individuelle ou pour des constructions plus importantes (petits ERP, petits collectifs, bâtiments industriels…), ils sont une solution industrielle totalement adaptée aux problématiques des PME et des artisans.

 

Notamment dans la possibilité qu’ils offrent de mieux maîtriser les coûts et les délais de construction. Et ce, grâce à une évaluation précise du coût de la fourniture et de la pose du plancher, à une appréciation réaliste des temps de mise en œuvre (réduction et délais de réalisation).

 

De plus, l’étayage peut, dans certains cas, être supprimé. Leur utilisation ne se limite pas à la construction neuve. En réhabilitation lourde, ces systèmes peuvent contribuer à l’allègement de la structure, tout en participant à son renforcement et à son isolation.

 

Rupteurs de ponts thermiques

 

Au chapitre technique et donc de l’offre, ces procédés ont, en à peine dix années, profondément évolué. Une adaptation nécessaire pour répondre à toutes les contraintes constructives qui, au gré des diverses réglementations, se sont renforcées : thermique, acoustique, sismique ou encore feu.

 

Ainsi pour le volet thermique, les planchers, lorsqu’il y a isolation par l’intérieur, intègrent des rupteurs de ponts thermiques en périphérie de dalle –on parle ici des planchers à poutrelles et hourdis et des prédalles. Une quasi-obligation pour être en adéquation avec la réglementation thermique 2012.

 

Les fabricants ont aussi mis au point toute une palette d’entrevous destinés à assurer l’isolation, avec ou sans sous-face protégée (finition ­fibre, bouchardée, lisse…). À titre d’exemples, les entrevous en PSE des planchers poutrelles et hourdis qui se sont épaissis, pour les vides sanitaires et les sous-sols, et qui sont proposés avec des languettes pour isoler la sous-face de la poutrelle.

 

Offre technique

 

Du côté des prédalles, c’est la commercialisation de produits préfabriqués en usine aptes à recevoir, dans des réservations prévues à cet effet, des éléments isolants sur le chantier.

 

Ces derniers, en laine de roche ou autre et d’une hauteur égale à la dalle de compression, sont placés en continuité de l’isolation intérieure. Ils assurent ainsi une rupture des ponts thermiques sur tout le périmètre des dalles d’étage.

 

Un plancher “moderne”, c’est aussi un système qui prend en considération l’isolation acoustique, la réaction au feu, la mise en œuvre d’un chauffage par le sol et d’éventuels renforts antisismiques. À chaque fois, un dispositif spécifique est à prévoir.

 

Des produits qui sont donc devenus très techniques et qui requièrent un travail collaboratif en­tre entreprises, bureau d’études et fabricants afin d’éviter toute erreur. Dans le même esprit, les industriels commercialisent de véritable kit qu’il “suffit” d’assembler sur le chantier.

 

Gérer l’acoustique

 

Pour obtenir un affaiblissement acoustique des bruits aériens, la solution la plus courante consiste à augmenter l’épaisseur de la table de compression. Mais l’expérience a révélé une efficacité relative de cette option pour les bruits d’impact.

 

Pour pallier cette faiblesse, il y a lieu soit d’y associer un revêtement de sol approprié, soit de disposer un matériau résilient à l’interface, entre la dalle et la chape de carrelage. Autre solution : enfermer un matelas d’air entre deux parois.

 

La paroi inférieure est constituée d’un plafond en plaque de plâtre, tandis que le plancher et la dalle de compression font office de paroi supérieure. Comme dans le premier procédé, il est préférable de prévoir une solution spécifique aux bruits.

 

Règles professionnelles prédalles

 

La conception et le calcul des dalles à prédalles relève de ­l’Eurocode 2. Des ouvrages sensibles, d’où la rédaction et la mise à disposition de “Recommandations professionnelles pour les prédalles suspendues avec boîtes d’attente”.

 

Règles téléchar­geables sur le site du Cerib, auxquelles il convient de se reporter. Elles traitent, en premier lieu, des conditions de mise en œuvre : tolérances de mise en place des boîtes d’attente et des aciers, conditions de pliage et de dépliage des aciers des boîtes d’attente et des prédalles, opérations d’auto-contrôle, de contrôle et de réception des implantations, des coffrages et des ferraillages avant coulage de la dalle…

Les plus du vide sanitaire


Le Cerib plaide en faveur des vides sanitaires. En effet, ils permettent de s’affranchir, contrairement au dallage sur terre plein, d’une partie des mouvements de terrain et des remontées capillaires. Pathologies responsables de 80% des désordres constatés.

 

L’espace ménagé entre le sol et le plancher, lorsqu’il est bien ventilé, empêche les remontées d’humidité et la migration du radon dans les régions concernées, de même qu’il forme une couche d’air isolante. L’utilisation d’entrevous en polystyrène renforce l’isolation naturelle.

 

De plus, l’accessibilité entre le sol et le plancher facilite le passage et l’entretien des canalisations, ainsi que les travaux d’aménagement ultérieurs.

 

 

Solution 1 : Plancher poutrelles entrevous

 

 

©Isoltop

 

Technologie parfaitement connue et maîtrisée des maçons, ces systèmes sont, malgré une apparente simplicité, assez complexes à mettre en œuvre.

 

Un système de dernière génération comprend quatre éléments :

  1. Les poutrelles en béton armé ou béton précontraint. Elles représentent l’élément porteur, reprennent la charge utile et assurent la tenue en flexion.
  2. Les entrevous de coffragebéton, brique, PSE ou matériaux moulés à base de résine et/ou de bois – comblant l’espace entre les poutrelles. Ils ne participent généralement pas à la résistance du plancher, sauf lorsqu’ils comportent une table de compression intégrée.
  3. Les rupteurs thermiques en matériaux isolants type PSE ou laine de roche. Ils apportent le complément d’isolation, indispensable en périphérie de dalle dans le cas d’une isolation des parois par l’intérieur.  
  4. La dalle de compression : quatre à cinq centimètres minimum au-dessus des entrevous et trois centimètres au-dessus des poutrelles suivant les charges à supporter et les prescriptions du fabricant.

 

La résistance thermique dépend essentiellement de la nature, de l’épaisseur et de la forme des isolants. Elle peut varier de 2,5 à 6 m² K/W et atteindre avec les rupteurs 9 m² K/W. À la pose, il convient de respecter le plan de préconisation.

 

Lequel prévoit les files d’étaiement des poutrelles, l’ancrage des aciers des poutrelles avec le respect de l’entraxe entre ces dernières, la pose des entrevous et des rupteurs thermiques (après étaiement obligatoirement), le coulage de la dalle de répartition sachant que le treillis soudé et les aciers chapeaux sont ancrés dans les chaînages.

 

Intérêts :

relative simplicité. Manuportable. Efficacité thermique

Limites :

souvent réservé à la maison individuelle

 

 

Solution 2 : Plancher prédalle

 

 

©Seac-Guiraud

 

Eléments de planchers de grandes dimensions incluant l’armature nécessaire à la stabilité du plancher fini, les prédalles allient les avantages de la construction préfabriquée et les qualités d’un plancher ordinaire coffré et bétonné sur chantier.

 

D’une épaisseur minimale de 5 à 6 cm, elles se repartissent en deux familles :

  1. Les dalles armées. Plus faciles à coffrer, elles sont disponibles jusqu’à des portées de 6 m et sont plutôt utilisées dans le logement. ­Inertes, elles ne bougent pas dans le temps.
  2. Les dalles précontraintes. Plus performantes (portée jusqu’à 6,60 m), elles conviennent plutôt à des applications en bâtiments industriels ou tertiaires, en raison du léger risque de fluage qu’elles présentent. Précontraintes ou armées, elles sont posées bord à bord, le joint devant être, dans tous les cas, inférieur à 10 mm. L’étaiement nécessaire, auto-stable et contreventé, est réglé de niveau avant leur mise en place.

 

Après celle-ci et avant le coulage de la dalle, des armatures complémentaires peuvent s’imposer : aciers de recouvrement des joints entre prédalles, aciers placés en chapeau sur les appuis, renforts localisés autour des trémies ou des charges ponctuelles importantes et aciers de rives non porteuses.

 

L’épaisseur finale du plancher peut varier de 12 à 30 cm, selon la surcharge et la portée. Il est évidemment possible de les isoler. Comme pour le plancher poutrelles, la résistance thermique dépend essentiellement de la nature et de l’épaisseur de l’isolant mis en œuvre.

 

Intérêts :

rapidité de mise en œuvre

Limites :

engin de levage.

 

 

Source : batirama.com / Stéphane Miget

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