Plomb, retard, surcoûts : le chantier du Palais Garnier explose le planning

Le programme de modernisation des scènes du Palais Garnier et de l’Opéra Bastille, à Paris, connaît un nouveau décalage. La complexité du retrait du plomb dans la cage de scène du Palais Garnier prolonge le chantier.

Le calendrier de modernisation des équipements scéniques du Palais Garnier, propriété de l’Opéra national de Paris, a été revu en profondeur. Initialement annoncé en octobre 2024 avec une fermeture du site prévue entre l’été 2027 et l’été 2029, le chantier s’étendra finalement de 2027 à 2032.

La cause principale tient à une contrainte technique d'importance : le retrait intégral du plomb présent dans la cage de scène, à la fois sous et au-dessus du plateau. Une intervention lourde, qui complexifie fortement les phases de dépose et de traitement en milieu contraint, dans un bâtiment patrimonial en exploitation partielle.

 

 

Des impacts directs sur la programmation des travaux à Bastille

Ce glissement de planning au Palais Garnier entraîne un effet domino sur le second site parisien de l’institution. De fait, les travaux de rénovation des équipements scéniques de l’Opéra Bastille, initialement envisagés à partir de 2030, sont désormais repoussés à 2033, pour une durée estimée de deux ans.

La direction a confirmé avoir présenté ce nouveau phasage aux équipes des deux établissements, en intégrant les contraintes techniques et organisationnelles liées à l’enchaînement des deux chantiers. Le dispositif de continuité d’activité entre les deux grandes scènes parisiennes est maintenu : lorsque l’un des sites sera fermé pour travaux, l’autre continuera d’assurer la programmation lyrique et chorégraphique.

En complément, l’institution prévoit de mobiliser d’autres salles parisiennes pour absorber une partie de la programmation : Théâtre des Champs-Élysées, Théâtre du Châtelet, Théâtre de Chaillot et Théâtre de la Ville.

 

 

Un chantier plomb qui rebat les contraintes techniques

Au-delà du simple décalage calendaire, la principale difficulté réside dans la gestion du plomb présent dans la cage de scène du Palais Garnier. Les opérations de retrait, qui constituent la première phase du chantier, génèrent des nuisances importantes – bruit, vibrations, contraintes de confinement – susceptibles de remettre en cause l’exploitation partielle du bâtiment. Selon la direction, ces conditions pourraient conduire à une indisponibilité temporaire totale du Palais Garnier pendant une période pouvant aller jusqu’à deux ans.

Ce point n’était pas intégré dans le scénario initial de 2024, qui prévoyait le maintien des visites patrimoniales pendant les travaux.

 

Le choix des méthodes d’intervention comme des dispositifs de traitement concernant le plomb présent dans la cage de scène sera arrêté après une série de tests et d’expertises techniques menés durant l’été. © AG Photographie

 

 

Un budget encore susceptible d’évoluer

Le coût global du programme n’a pas été réévalué à ce stade. En septembre dernier, le montant des travaux avait été estimé à 450,8 millions d’euros sur six ans, avec une participation de l’État à hauteur de 25 %. Ce budget couvre à la fois la modernisation du Palais Garnier, la rénovation de l’Opéra Bastille, mais également des interventions secondaires à l’École de danse de Nanterre et aux Ateliers Berthier.

Le décalage du chantier implique également une adaptation du dispositif d’accompagnement des équipes. La direction indique vouloir ajuster le plan initialement prévu pour les salariés concernés par la fermeture du plateau de Garnier, en fonction des impacts réels qui seront confirmés après les campagnes de tests. Les mesures devront ensuite être discutées avec les organisations syndicales. L’objectif demeurant la préservation des compétences techniques comme des emplois sur la durée du chantier, en vue de la réouverture du théâtre.

 


Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © Benh Lieu Song / Wikipédia

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