Les 6 évolutions à retenir
1 - La protection contre les remontées d'humidité :
La
coupure de capillarité peut être exécutée soit à l’aide d’une bande de
feuille bitumineuse armée ou de feuille plastique ou élastomère posée à
sec sur une couche de mortier de ciment ou soit à l’aide d’un mortier
hydrofugé
♦ Afin
d’éviter l’arrivée d’eau de pluie directement ou indirectement en sous
face de la pièce d’appui de la porte ou de la porte fenêtre, une garde
de 5 cm minimum doit être respectée entre le revêtement extérieur et le
seuil, cette disposition étant déjà prise en compte par un certain
nombre de DTU.
♦
Il est également précisé que l’enduit peut être descendu au niveau du
sol fini, à condition d’être fortement dosé en liant(s) hydrauliques ou
à faible capillarité (W2 au sens du DTU enduits). Par ailleurs, et
toujours dans le DTU enduits, il est rappelé qu’après exécution de
l’enduit, il faut prévoir en pied de mur un système afin d’éviter le
rejaillissement des eaux de pluie : lit de gravillons…
2 - Le montage à joints minces :
Dans
l’actuel DTU, le montage à joints minces de mortier colle est réservé
aux maçonneries de blocs en béton cellulaire. Désormais, cette
technique concernera des éléments de maçonnerie rectifiée en terre
cuite, en béton de granulats et en pierre naturelle. Le rouleau cannelé
ou la pelle crantée s’imposent sur de nombreux chantiers, au détriment
de la truelle. Autrement dit, le montage à joints mince au mortier T (1
mm durci) se substitue progressivement au montage à joints épais
traditionnels, dont l’épaisseur est comprise entre 1 et 2 cm. Les
atouts de cette technique, dite à joints minces, sont reconnus :
rapidité de montage, efficacité thermique, propreté du chantier…mais
rigueur d’exécution obligatoire !
3 - Les chaînages inclinées :
Du
fait de leur position en couronnement de mur, les pointes de pignon en
maçonnerie devraient normalement comporter, sur leurs rives inclinées,
un chaînage en continuité avec les chaînages verticaux et horizontaux
du niveau sous-jacent…Cependant,
en cas de construction en zone sismique, le chaînage est obligatoire et
la section des aciers doit être égale à la moitié de celle prévue pour
le chaînage horizontal dans les règles de construction parasismique.
Désormais, les rives inclinées devront comporter un chainage dès que la
hauteur sous pointe de pignon est supérieure à 1.5 mètre. L’armature
minimale de ce chaînage sera la même que celle des chaînages verticaux
ou horizontaux, soit 2Ø10.
4 - Les blocs à bancher :
Sous
avis techniques, ces blocs sont très utilisés avec succès en France
depuis plus de 30 ans pour la construction de murs, de soubassements,
de piscines…La production annuelle est de l’ordre de 0,7 million de
tonne partagé par une dizaine de fabricants. Il était donc légitime que
cette technique rejoigne le DTU. Toutefois, ne seront visés par le DTU
que les blocs à remplissage total et non les blocs à remplissage
partiel, qui resteront sous avis technique ou DTA. Le domaine
d’application des blocs à bancher exclura les murs porteurs en
épaisseur de 15 cm et les murs de soutènement. Toutefois les blocs de
coffrage seront admis dans le cas des descentes de garage et sous
certaines conditions.
5 : L'abandon du calfeutrement humide au profit du calfeutrement sec :
Vis-à-vis
des menuiseries, deux types de calfeutrement étaient autorisés : au
mortier (dit calfeutrement humide) ou au moyen de mastic. Le
calfeutrement humide ne sera plus autorisé dans le DTU pour des raisons
de perméabilité à l’air. L’abandon du calfeutrement humide est
important, car il impactera directement les tolérances du gros œuvre
(largeur, aplomb, hauteur et niveau).
6 - Des exigences d'écarts admissibles :
Les
tolérances vis-à-vis de la planéité et état de surface des parements de
maçonnerie ne changent pas (Bâtirama n°394 de mai 2007). Toutefois, des
tolérances de verticalité, de rectitude ou d’épaisseur seront désormais
intégrées au DTU, mais certaines valeurs conformes aux pratiques
locales et acceptées par le Maître d’ouvrage pourront être admises.Par
ailleurs, sauf indication contraire, il sera recommandé que la première
assise de la maçonnerie ne dépasse pas de plus de 15 mm le bord d’un
plancher ou d’une fondation.
A propos des Eurocodes...20 ans d'élaboration, mais applicables en 2010 !
En
1990, le Comité européen de normalisation (CEN) a entrepris la
rédaction des Eurocodes, normes européennes de conception, de
dimensionnement et de justification des structures de bâtiment et de
génie civil, établissant un ensemble de règles techniques, dans le but
de leur donner par la suite un statut de normes européennes et pallier
l'absence d'harmonisation entre ces règles à travers l'Europe. Ceci
apparaissait en effet comme un obstacle au libre accès des entreprises
de travaux ou des bureaux d'études techniques aux marchés des autres
états membres. Les Eurocodes sont appelés à devenir le principal moyen
de conception des structures de bâtiments et ouvrages de Génie Civil.
Ils ont donc une importance essentielle à la fois pour le secteur de la
conception des ouvrages et pour l'industrie du bâtiment et des Travaux
Publics. Il est très important que les Etats Membres puissent adopter
les Eurocodes et les utiliser dans leur réglementation. Ceci a conduit
à introduire dans les Eurocodes certains éléments de souplesse, par le
moyen des paramètres déterminés nationalement.Les
Eurocodes sont au nombre de 10, chacun subdivisé en parties et
sous-parties, constituant ainsi un ensemble de 59 normes, rédigées le
plus souvent en termes de performances qu’en termes descriptifs. Les textes complets des Eurocodes et documents d'application nationale (DAN) sont disponibles auprès de l'AFNOR (www.afnor.fr).