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Infiltrations de neige par le toit : à qui la faute ?

Infiltrations de neige par le toit : à qui la faute ?

De fortes chutes de neige se sont produites au cours de cet hiver. Dans certains cas, elles ont occasionné des dommages à l’intérieur des habitations, mais pas toujours, pourquoi ? Comment la neige peut-elle pénétrer sous un toit ? Comment apprécier ce type de sinistre ? Examinons un cas concret.


Les propriétaires d’une maison individuelle décident de partir en vacances pendant une semaine au cours de l’hiver. À leur retour, plusieurs plafonds présentent des auréoles d’humidité. C’est comme si la pluie avait traversé la couverture. La visite des combles va révéler, ça et là, la présence de neige, au-dessus de la laine de verre déroulée sur les plafonds. L’assureur dommages-ouvrage est saisi.


Une expertise


L’expert mandaté par l’assureur prend connaissance des dommages, examine les photos prises par le maître d’ouvrage puis visite les combles. Il fait les constats suivants?:
 - la couverture, réalisée avec des tuiles de terre cuite, repose sur une charpente en bois ;
 - les tuiles sont tenues par des liteaux cloués sur des fermettes ;
- les plafonds, constitués de plaques de “placo”, sont vissés sur des rails portés par la charpente. Tout cela est bien classique.



De l’eau sous les plafond


Les photos sont très parlantes : la neige s’est accumulée sous les noues et en périphérie de la maison. Une couche plus fine s’est formée sur la quasi-totalité des plafonds. Mais les infiltrations sont restées modestes et cantonnées à quelques zones, car la neige s’évapore et disparaît sans fondre, précise l’expert. Les physiciens parlent de “sublimation”. Mais, au droit d’inévitables ponts thermiques, et dans les zones d’accumulation, la neige fond plus vite qu’elle ne disparaît… C’est alors que des écoulements d’eau provenant de la fonte endommagent les plafonds.

 

Attention à la neige légère et au vent fort


Mais pourquoi la neige ne pénètre-t-elle pas dans tous les cas et sous tous les toits d’un même quartier ? L’expert apporte des explications complémentaires. Pour que la neige pénètre dans un comble, il convient que plusieurs circonstances se cumulent : la neige doit être légère et le vent doit souffler. La dépression qui se forme dans les combles lorsqu’il y a du vent, aspire les flocons qui pénètrent entre les tuiles ou, plutôt, au droit de l’arrondi, le galbe des tuiles.


Le constructeur hors de cause


Le maître d’ouvrage comprend alors pourquoi la neige s’est plutôt accumulée en périphérie de la maison et sous les noues, là où des “jours” sont nettement visibles depuis les combles. La forme des tuiles est un facteur majeur dans la pénétration de neige dans les combles, tout comme le soin apporté à la réalisation des noues et des points singuliers. La pente du toit, la longueur des versants sont sans lien avec ce type de pathologie. En revanche, une couverture exposée aux intempéries ou située en altitude sera plus souvent touchée. Et, dans le cas de cette expertise, aucune critique majeure ne pouvait être formulée à l’encontre du constructeur et de son sous-traitant.


Philippe Philipparie avec la Fondation Excellence SMA et le GIE Socabat

 

Les règles de l’Art

 

Dans la mesure où la maison a été construite il y a plusieurs années et puisqu’aucune anomalie n’a été constatée lors des hivers précédents, le sinistre ne relève pas de la garantie décennale. Le dégât des eaux doit s’apprécier comme résultant de circonstances exceptionnelles. En toute rigueur, et comme le précise les règles de l’Art, il appartenait au maître d’ouvrage d’éliminer la neige ayant pu pénétrer dans les combles. Le maître d’ouvrage saisira par la suite son assureur multirisque qui prendra en charge la remise en état des plafonds.

 

Comment prévenir cette pathologie ?


Peut-on éviter la pénétration de neige poudreuse sous une couverture ?
Il convient en priorité de s’opposer aux effets du vent. La pose d’un écran de sous-toiture constitue la disposition la plus courante. L’écran n’a pas pour rôle de “recevoir” la neige. Il bloque l’aspiration des flocons. Un écran doit être posée sans les sites sensibles et lorsque le maître d’ouvrage désire s’affranchir de l’enlèvement de la neige poudreuse. Un écran doit être posé lorsque les combles sont difficilement accessibles. En toute rigueur, et suivant en cela les règles de l’Art, il appartient au professionnel d’évoquer la problématique avec son client. Le cou­vreur conserve un devoir de conseil.

 

En savoir plus


• DTU 40.21 (P31-202) Couvertures en tuile de terre cuite à emboîtement ou à glissement.
• DTU 40.24 (P31-207) Couvertures en tuiles béton à emboîtement ou à glissement.
• CPT de mise en œuvre des écrans souples de sous toiture faisant l’objet d’un Avis technique du 26?mars 2001.

 










 

Publié le 15/03/2010
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Techniques et pratique de la chaux
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