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Eco-matériaux : gare aux idées reçues !

Eco-matériaux : gare aux idées reçues !

A Batimat, des visiteurs ont été invités à une réflexion sur le thème des éco-matériaux. l’on apprend que la présence de composant d’origine naturelle dans un produit ne le rend pas forcément plus écologique.


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C’est Quentin Hirsinger, président de MateriO, un service professionnel indépendant de veille sur l’innovation dans le domaine des matériaux et des technologies, qui a animé la rencontre à l'espace Zoom Color. Ni scientifique ni technicien spécialisé, celui-ci a tenté de montrer, par le biais de différents exemples, que la notion d’éco-matériau n’est pas simple à définir et qu’elle varie avec le contexte.

 

Ainsi, l’intégration de fibres naturelles dans un matériau composite, principe très tendance actuellement, ne signifie en rien que ledit matériau offrira un « plus » sanitaire ou environnemental.

 

Pire : le matériau composite, composé d’éléments hétérogènes, est par définition très difficile à recycler en fin de vie, puisqu’il faudra une (dans le meilleur des cas) phase de séparation générant un coût et souvent complexe, de ces éléments pour espérer en recycler une partie.

 

Enfin, une fibre naturelle peut être recyclable à condition que la filière existe, ce qui est loin d’être systématique… La communication réalisée autour des matériaux comprenant une part de produits naturels ne fait bien entendu pas état de ces difficultés !

 

Il est par contre de plus en plus difficile pour les communicants, de mettre en avant la pertinence d’un produit issu de la chimie, ou « pire », de la pétro-chimie, alors même que les circonstances peuvent être propices à l’utilisation d’un tel produit, qui par ailleurs peut être en partie ou totalement recyclé.

 

Un produit naturel n’est d’ailleurs pas synonyme d’inoffensif (l’amiante, par exemple). Et le plus souvent, il n’est guère utilisé en l’état : par exemple, un bois reconstitué contient des colles, des vernis… Un verre technique, n’obtient des résultats performants que par dépôt de couches métalliques qu’il sera difficile et coûteux, voire polluant, de séparer du verre proprement dit au moment de sa réutilisation.

 

Le contexte de l’utilisation est aussi un facteur déterminant dans le choix d’un matériau. Il faut s’attacher à s’appuyer sur les qualités propres de ce dernier et tenter d’en limiter les défauts. « L’éco-conception est une notion complexe qui doit être abordée avec humilité », conclut Q. Hirsinger. Dans cette démarche, la nature a beaucoup à nous apprendre ».

 

Et de citer les stratégies développées dans le milieu naturel, inspiré par les écrits sur le bio-mimétisme de l’Américaine Janine Benyus, co-fondatrice du Biomimicry Insitute (voir www.asknature.org).

 

Nombre de matériaux émergent aujourd’hui, qui disposent de propriétés intéressantes, et dont le potentiel peut encore être développé, par un travail sur la structure, pour obtenir des fonctions complémentaires. Il ne faudrait pas « passer à côté » sous prétexte que ce ne sont pas des « éco-matériaux » au sens courant du terme.

 

Source : batirama.com / Emmanuelle Jeanson

 

 

Prise en compte du cycle de vie

Pour nourrir cette réflexion sur la complexité de la notion de bio-matériau, Quentin Hirsinger cite l’exemple d’un bâtiment constitué en grande partie d’ETFE (éthylène tétrafluoroéthylène). Ce fluoropolymère thermoplastique semi-cristallin utilisé comme alternative au verre (en beaucoup moins coûteux), ne semble pas a priori une solution très « durable ». Pourtant, le bilan montre que, dans les circonstances de son utilisation, ce matériau offre un bilan plus intéressant que le verre et s’avère la meilleure solution du point de vue global : il utilise peu de matières premières, est un très bon isolant, ne demande pas d’entretien et se répare aisément. De plus, il est recyclable.

Publié le 21/11/2011
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