Le DIF (droit individuel à la formation) fait aujourd’hui
partie du langage courant. Sauf que ce système fait partie des usines à gaz à
la française. Voici quelques questions simples pour tenter d’appréhender ce
système.
Quels sont les salariés concernés ?
Ce sont d’abord les salariés sous contrat à durée
indéterminée ayant une ancienneté d’au moins un an dans l’entreprise qui les
emploie. Sauf disposition conventionnelle plus favorable, ce droit à la
formation est de 20 heures par an cumulables éventuellement sur 6 ans. La durée
est calculée prorata temporis pour les salariés à temps partiel.
CDD ou CDI ?
Ce sont, en outre, les salariés travaillant sous contrat à
durée déterminée après 4 mois de présence dans l’entreprise, consécutifs ou non,
au cours des 12 derniers mois (quel que soit le motif de recours à ce type de
contrat : remplacement d'un salarié absent, surcroît d'activité, usage…). Seuls
sont exclus les salariés en contrats d'apprentissage et de professionnalisation.
En outre, le Code du travail ne précise pas si les 4 mois
peuvent être effectués chez plusieurs employeurs ou s'ils
doivent l'être chez le dernier employeur. Dans la mesure où le
ministère du Travail estime « qu'il n'est pas obligatoire que
l'ancienneté ait été acquise au titre du même contrat », on peut penser
que les 4 mois peuvent s'apprécier chez différents employeurs. Les salariés
dont le CDD prend fin bénéficient de la portabilité du Dif chez leur nouvel
employeur. Chaque salarié doit être informé, par écrit, annuellement, du total
des droits acquis au titre du dispositif du droit individuel à la formation.
Quelle procédure doit suivre le salarié pour bénéficier
de ce droit ?
Le principe est que ces actions de formation se déroulent en
dehors du temps de travail. Elles ont pour objet la promotion, l’acquisition,
l’entretien, le perfectionnement des connaissances ou la qualification du
salarié.
La mise en œuvre relève de l’initiative du salarié en accord
avec son employeur. Ce dernier dispose, toutefois, d’un délai d’un mois pour
notifier sa réponse quand le salarié prend l’initiative de faire valoir ses
droits à la formation. L’absence de réponse de l’employeur vaut acceptation du
choix de l’action de formation.
Les heures consacrées à la formation pendant le temps de
travail ouvrent droit au maintien de la rémunération du salarié. Lorsque les
heures de formation sont effectuées en dehors du temps de travail, le salarié
bénéficie d’une allocation de formation égale à 50 % de la rémunération nette
de référence et exonérée de cotisations.
Que se passe-t-il en cas de rupture du contrat de
travail ?
Le système devient ici plus délicat.
En cas de rupture du contrat de travail ouvrant droit à
l’assurance chômage, et sauf le cas de faute lourde, le droit individuel à la
formation est transférable vis-à-vis du nouvel employeur. Le salarié devra
alors faire sa demande auprès de son nouvel employeur dans les deux années qui
suivant son embauche ; en cas d’accord, l’action de formation concernée est
financée par l’Opca (organisme paritaire collecteur agréé) dont relève
l’entreprise dans laquelle le salarié est embauché. Signalons également qu’afin
que le salarié connaisse ses droits, la loi impose désormais que le certificat
de travail comporte les mentions suivantes : le solde du nombre d’heures
acquises au titre du DIF et non utilisées ; la somme correspondant à ce solde ;
l’organisme collecteur agrée compétent pour financer les actions de bilan de
compétence, de validation des acquis de l’expérience ou de formation lorsque le
demandeur d’emploi en fait la demande pendant sa période d’indemnisation.
Et en cas de chômage ?
Si le salarié dont le contrat de travail a été rompu n’a pas
retrouvé d’emploi, il peut demander à bénéficier de ses heures de Dif pour
réaliser une action de bilan de compétences, VAE ou de formation. La
mobilisation de la somme se fera en priorité pendant la période de prise en
charge par Pôle Emploi. C’est l’Opca dont dépendait la dernière entreprise dans
lequel le salarié a acquis ses droits qui en assurera le financement. En cas de démission, le salarié peut demander à bénéficier
de son droit sous réserve que les actions soient engagées avant la fin du
préavis.
En cas de départ à la retraite, le droit individuel à la
formation n’est pas transférable.
F. Taquet
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Commentaires
Sur le DIF, il existe un excellent forum de discussion à cette adresse : http://www.le-dif-en-questions.fr
Cordialement
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